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30 September, 2026

Balthazard : le "rappeur couteau suisse" [Chronique]

 

Les rappeurs ont un micro. Balthazard Dy, lui, a une trousse à outils complète, repliée dans la poche arrière. Sauf que dans cette poche-là, on ne trouve pas sa langue. Elle est sortie depuis longtemps, affûtée, dépliée, prête à servir. Baltha fait et défait..

 

 

Commençons par la lame, la plus évidente. Balthazard Dy tranche. Les faux-semblants de l'industrie, les egos gonflés à l'hélium, les punchlines recyclées par ses confrères : tout y passe. Il ne coupe pas pour blesser, il coupe pour dégager la vue. Là où d'autres enrobent, lui découpe. On ressort de ses morceaux avec l'impression d'avoir été opéré sans anesthésie, mais bizarrement en meilleure santé.

 

 

Vient ensuite la paire de ciseaux. Car l'homme est aussi un monteur. Pas une syllabe de trop, pas un couplet qui traîne. Il taille dans le gras avec une discipline de couturier. Ses textes ont la coupe nette d'un costume sur mesure : ajustés, précis, sans pli.

 

 

Il y a le tire-bouchon, évidemment. Balthazard Dy a ce talent rare de déboucher les sujets qu'on préfère laisser fermer. Il tourne, il insiste, il tire, jusqu'au « pop » final qui libère ce que tout le monde pensait tout bas. Parfois ça mousse, parfois ça éclabousse. C'est le prix de la vérité millésimée.

 

 

Par Sita

 

 

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