Depuis 48 ans, la Guinée n’est pas dotée de son cadre juridique, légal et réglementaire visant à promouvoir et protéger son patrimoine historique et culturel. Par ricochet, ce secteur très important est sans nul doute exposé aux dangers liés aux vols, pillages, destructions et aux trafics illicites. SITANEWS© vous en dit plus.

Ce cadre juridique dont il est question, est une forme de prévention et de protection contre tous ces risques cités ci-haut. Ce manque aigu de réglementation du Patrimoine Historique et Culturel du pays empêche les éventuelles coopérations avantageuses auxquelles la Guinée peut bien s’offrir. Pourtant, selon nos enquêtes, cette loi dont nous faisons cas, a déjà été ratifiée depuis la Convention de l’UNESCO en 1972. Sauf que son application fait toujours défaut en Guinée. Ce qui traduit une nouvelle fois, la négligence des autorités du pays.

On se rappelle qu’en octobre 2016, l’ancien Ministre guinéen chargé de la Culture, Siaka BARRY, avait défendu au Parlement, ce même projet de loi sur la protection du patrimoine historique et culturel. Il a été adopté à l’unanimité par l’Assemblée Nationale. Par la suite, cette loi devait être promulguée par le Président de la République, Alpha Condé. Mais malheureusement, ce dossier n’a jamais connu une suite. Conséquences : le patrimoine historique et culturel du pays continue à sombrer. Pour preuve, les Musées du pays n’attirent plus de visiteurs et les conditions de conservation des collections qui les composent laissent à désirer. Le ministère de Bantama Sow se montre toujours insensible face à l’état de décrépitude des temples de l’histoire du pays.

Le pire, est que les Musées guinéens pourtant riches en histoire, sont transformés en centres d’affaires : ateliers de sculpture comme celui de Boké créé en 1878. Le constat est encore alarmant au Musée National de Sandrevalia à Conakry qui héberge des sociétés d’imprimerie et même des restaurants. Les cases historiques de ce musée servent désormais de bureaux pour des entreprises. Le comble est que, ce temple sacré de Sandervalia abrite même des cérémonies de réjouissance :  mariages, baptêmes et soirées dansantes.

Ayant pour vocations premières, la collecte des œuvres archéologiques et leur conservation pour des besoins touristiques et d’enseignements pour des générations futures, les musées guinéens affichent un visage déshonorant. Ils ont urgemment besoin d’entretien, d’une administration forte et d’une politique efficace pour leur valorisation comme il se passe ailleurs. En illustration, le Musée national du Mali est sans doute, l’un des plus fascinants d’Afrique noire. Ces pièces de toute beauté, de la culture dogon à la culture bambara, sont offertes au regard d’un public très fourni. La scénographie est très réussie. Il est ensuite très vaste, d’une architecture frugale et élégante.

Si vous partez souvent à Dakar, faites un tour au Musée Théodore Monod d’Art Africain, IFAN, vous serez incroyablement stupéfaits. Ce musée est consacré aux arts et traditions de l’Afrique de l’Ouest. Il possède environ 9 000 objets dont environ 300 sont présentés au public de façon permanente. Des expositions temporaires y présentent de l’art contemporain local ou étranger. Tandis qu’en Guinée, le constat est tout simplement déplorable.

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1 COMMENTAIRE

  1. Il faudrait faire en sorte de rénover le musée de Sandervalia et par la suite nettoyer et mettre à profit la cour dans laquelle il se trouve.
    Trouvez des partenariats avec des écoles d’art nationales et internationales, organisez des visites scolaires, échangez avec les artistes locaux, faites de la médiation. La culture et l’art guinéen n’en seront que très ravis.

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