À guichet fermé ! Le spectacle de LASS, le vendredi soir, au Centre culturel franco guinéen (Ccfg) a tenu toutes ses promesses. Intitulé « Dans la Tête de LASS », ce stand up inédit fut un véritable régal sur le fond et sur la forme. Pour dire vrai, LASS a mis son public d’accord. Le monde, l’euphorie, il y’en avait. Mais une seule consigne était à respecter : le port obligatoire du masque. La situation sanitaire oblige (Covid).

Le stand up en lumière suite à la levée du couvre-feu et des violences post-électorales à Conakry. Ce fut donc un réel plaisir de se retrouver en famille. Le public guinéen longtemps privé d’événements culturels est sorti massivement ce vendredi soir. LASS dans un déluge de fumigène et de délire absolu a tenu ses convives en haleine pendant près de 2 heures d’horloge. Se sentir bien et rire à gorge déployée, c’est l’objectif que c’était fixé le jeune humoriste et slameur guinéen. Histoire de décompresser après les tensions politiques et ses corollaires qu’a traversés son pays ces derniers temps.

Il était 20 heures à Conakry quand l’événement a débuté au Ccfg par la prestation d’un groupe de danse tradi-moderne. C’était une mise en bouche ! Par la suite, la star de la soirée a fait surface sous un tonnerre d’ovations. LASS entre en slame dont le texte épluchait l’actualité dominante du pays.

Sur fond de mélodies, l’humoriste évoque les sujets liés aux élections présidentielles du 18 octobre en Guinée, ses résultats et les violences qui en découlent. Le public était accroché – les mots et les phrases de l’artiste faisaient parcourir des frissons à coup sûr dans la salle Momo Wandel Soumah. Partie remise !

A la suite de cette belle entrée fracassante sur scène, LASS fait monter le mercure à son paroxysme en enchaînant avec des pas de danse sur lesquels il communiait avec son public aussi surchauffé. Une belle osmose distillée !

La suite était encore plus effervescente avec des histoires drôles et moult d’anecdotes dans lesquels le public était embarqué par le jeune humoriste et acteur de cinéma. Ces récits étaient inspirés de son adolescence avec ses amis. Et là, le public n’en revenait pas. C’était du fou rire,  à décrocher la timbale et les mâchoires.

Dans la tête de LASS, il se passe des choses assez spéciales et incroyables. L’auteur a débattu plusieurs thèmes dont l’infidélité dans les couples, le quotidien du guinéen et des événements avilissants ayant secoué l’année 2020 dans le pays, qu’il qualifie de bizarres. Avec une touche d’humour toute particulière, LASS a osé aborder les sujets aussi sensibles que la politique et la fragilisation du tissu social en Guinée.

Sékouba Kandia Kouyaté et LASS sur scène. Crédit photo – Mohamed Diop

LASS sait aussi chanter, il l’a prouvé le vendredi soir. Contre toute attente, il a interprété sur scène, la célèbre chanson « Malisadjo » de feu Kouyaté Sory Kandja. Chose qui a d’ailleurs attiré Sékouba Kandia (un héritier du défunt) présent dans la salle, à rejoindre LASS sur scène. Ce fut l’une des belles parties de la soirée.

L’aspect caritatif de ce spectacle a doublement marqué les esprits. Dans la salle, une levée de fonds en faveur d’une citoyenne Fanta Sylla dite « 18 Na Coco » pour les internautes, a été observée. Sa vidéo très comique et virale ces derniers temps, a su amuser le réseau social guinéen. L’idée du geste est d’apporter de l’aide à une personne qui en a vraiment besoin. C’est pour dire que ce spectacle de LASS a été ultra top de par son contenu. Et visiblement, le public s’est retourné satisfait de la qualité de cette création artistique.

Vivement la prochaine !

Ibrahima SOYA (SITANEWS©, Conakry)

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