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Interview exclusive. La communauté guinéenne de France s’apprête à célébrer en apothéose l’An 62 de l’indépendance de la Guinée le 10 octobre 2020 dans la ville de Lille. C’est un événement organisé chaque année par la Fédération des Associations Guinéennes des Hauts de France (FAG-HDF) créée en 2018. En prélude à ces activités dénommées « INDEPENDENCE DAY », Daouda CONTÉ, Président de la FAG-HDF s’est prêté à nos questions.

(Photo) Daouda Conté, un maillon fort de la Diaspora guinéenne de France. Depuis plusieurs années, il occupe le poste de Président de la Fédération des Associations Guinéennes des Hauts de France (FAG-HDF).

Bonjour Monsieur Conté ! D’abord, quels sont les objectifs de la Fédération des Associations Guinéennes des Hauts de France en abrégé FAG-HDF ?

Bonjour SITANEWS ! Nos objectifs principaux consistent à favoriser l’union de la communauté guinéenne des Hauts-de-France dans un esprit de solidarité, de fraternité et d’entraide mutuelle, promouvoir et soutenir les associations membres dans la réalisation de leurs objectifs respectifs en vue de participer au développement socio-économique et au rayonnement culturel de la République de Guinée. Depuis le 9 juin 2019, nous siégeons au conseil d’administration ainsi qu’au directoire de la Coordination des Associations Guinéennes de France (CAGF) où, nous occupons le poste de Vice-présidence en charge des relations avec les institutions. Dans les prochains jours, nous espérons également siéger au conseil d’Administration du Conseil National des Jeunes Guinéens de France (CNJGF).

Vous vous apprêtez à organiser Guinea Independence Day le 10 octobre prochain. Quel est le niveau d’avancement des préparatifs ? Et qu’est-ce que vous avez prévu cette année ?

Depuis l’an dernier, notre équipe travaille d’arrache pied pour l’organisation de cet évènement fédérateur. Il faut savoir que nos actions s’inscrivent dans notre plan d’action opérationnel et de ce fait, nous œuvrons en amont à la mobilisation des ressources nécessaires pour une meilleure organisation. Tout est donc bien structuré, élaboré et budgétisé.

A date, les préparatifs évoluent très bien et le déploiement est fait à tous les niveaux pour la mise en œuvre mais surtout, la réussite de cet évènement qui va se tenir en trois temps forts :

1- une table ronde virtuelle le vendredi 9 octobre sur : « Quelles réformes institutionnelles en République de Guinée dans le processus d’instauration d’un véritable État de Droit ? » via notre page Facebook et les pages des médias partenaires ;

2- un match gala placé sous le signe de la « Solidarité, de l’unité & du meilleur vivre ensemble » ;

3- une soirée culturelle autour du défilé, danses traditionnelles et spectacle artistique live avec des artistes comme Fakoly Kourouma, Alpha Baba Diabaté, Tonton Kalil et Madbi. Nous avons fait notre part du travail et nous ne comptons plus que sur le public.

La crise sanitaire (COVID-19) n’est-elle pas une menace pour cette édition 2020 de Guinea Independence Day ?

Aujourd’hui ce n’est pas le cas, même s’il faut rappeler la particularité cette année du contexte socio-sanitaire. Nonobstant ce fait, nous suivons l’évolution de la situation, nous nous réinventons et nous nous évertuons au mieux que possible pour une adaptation. Soyez donc rassurés que tout est mis en œuvre pour maintenir cet évènement qui est devenu un tremplin et une véritable tribune pour la diaspora Guinéenne de France voire de l’Europe. Afin de respecter les mesures barrières et protéger nos concitoyens, un dispositif de lavage des mains sera installé à la rentrée de la salle de spectacle et du terrain de foot-ball.

Pour une fois, il est important que nous accordions cette opportunité à nos concitoyens qui ont besoin de sortir de cette psychose et de se distraire un peu. Nous devons apprendre à vivre avec ce virus en ayant conscience du respect des mesures sanitaires que nous allons faire scrupuleusement appliquer.

(Bintou Fofana, la vice-présidente de la Fédération des Associations Guinéennes des Hauts de France (FAG-HDF). Crédit photo : Guineebuz

Combien de participants avez-vous prévu cette année ?

Il y’a des rassemblements de plus de cinq (5000) personnes qui sont autorisées dans certaines zones de la France où, le niveau de la pandémie est plus qu’alarmant. Mais cela exige de prendre toutes les précautions sanitaires exigées par les autorités.

Notre évènement ambitionne de réunir cette année huit cent (800) personnes mais au regard du contexte sanitaire, nous avons revu cet objectif à la baisse avec quatre cent (400) participants maximum pour l’ensemble des activités programmées.

Toutefois, nous restons soucieux de l’évolution de la pandémie et respectueux des textes de lois. C’est pourquoi, la conférence-débat initialement prévue à l’université de Lille se tiendra finalement via les plateformes numériques. Pour le tournoi et le spectacle vivant, nous n’avions pas d’autres options que de les faire en présentiel en veillant au strict respect des gestes barrières pour le bien du public.

Dans les prochains jours, nous espérons que la propagation du virus soit freinée et qu’aucune mesure n’interdise l’organisation de tels évènements pour permettre à notre diaspora de se retrouver en toute fraternité dans l’unité et la solidarité. Quoi qu’il arrive, l’évènement sera maintenu jusqu’à preuve du contraire. Seul un ajournement pourrait être envisagé en cas d’interdiction par les autorités publiques.

(Affiche-programme) Célébration de l’An 62 de l’indépendance de la Guinéen en France. 800 participants étaient attendus mais au regard du contexte sanitaire, 400 places sont réservées.

Au-delà de la célébration d’une simple date (indépendance de la Guinée). Quel est le profit à tirer de votre événement  ?

Vous savez pour nous, lorsqu’on parle de la commémoration de l’accession de notre pays à sa souveraineté nationale, c’est avant tout un devoir de mémoire. Organiser un évènement à cette occasion, relève simplement d’un acte citoyen que nous avons toujours voulu honorer à travers ce projet.

Alors, au-delà de l’aspect social, sportif et culturel, ce qui est important,  c’est aussi donner l’occasion aux participants de parler de la Guinée plurielle, susciter auprès d’eux un véritable élan d’abord de prise de conscience individuelle, développer ensuite des réflexions inclusives sur les différents régimes en Guinée, faire donc un diagnostic et  un bilan objectif sur leurs gestions respectives afin de proposer des solutions concluantes ou des perspectives de développement socio-économique pour la République de Guinée en y tirant des leçons de nos échecs.

Les pas feutrés de Daouda Conté (Crédit photo GuineeBuz)

L’objectif majeur se situe à ce niveau, il est important que nos ressources profitent enfin à l’ensemble de la population qui continue malheureusement à souffrir pour une large majorité et qu’à l’instar des pays comme le Rwanda, le Ghana, le Nigeria voire même du Sénégal et Mali voisins, que notre pays connaisse une véritable émergence. Les guinéens ont souffert il y’a de cela maintenant soixante-deux (62) ans. Notre pays ne mérite plus cette paupérisation recrudescente du peuple, l’élite guinéenne doit avoir pitié de ses subalternes et œuvrer pour une meilleure gouvernance.

Pour nous, le tournoi de foot et le spectacle culturel sont simplement des moyens de renforcement des liens de solidarité entre les acteurs et participants, vecteur d’un meilleur vivre ensemble mais aussi d’émancipation et de valorisation de notre culture à l’international pour son rayonnement. Sinon, l’enjeu majeur est comment associer les guinéens en général et sa diaspora en particulier à être une véritable force de proposition mais aussi d’actions à l’occasion de cette commémoration d’où, le sens et toute la portée de son implication.

Nous savons déjà que cette diaspora représente une véritable manne financière pour notre pays mais qu’en revanche, elle est souvent lésée dans ses droits à plusieurs égards voire reléguer au dernier plan. C’est pourquoi, nous la sollicitons et nous la demandons à nous rejoindre dans cette dynamique pour se faire entendre et se faire respecter. Elle a donc toute sa place et son rôle à jouer dans cette noble aventure.

Alhassane Diallo, le Secrétaire général de la Fédération des Associations Guinéennes des Hauts de France (FAG-HDF). Crédit photo : GuineeBuz

Quels souvenirs gardez-vous des précédentes éditions de l’événement INDEPENDANCE DAY ?

Sincèrement rien que des bons souvenirs, des moments exceptionnels et indélébiles. Dans sa forme actuelle, nous organisons cet évènement avec la FAG-HDF depuis 2018. Je dirai que les précédentes éditions ont été émaillées de succès.

Pour nous, l’essentiel est que nous sommes fiers du bilan des deux dernières années dans la mesure où, les objectifs que nous nous assignions ont été atteints.

En 2018, nous avions organisé une grande conférence à l’université de Lille avec des universitaires guinéens de différentes villes françaises et d’ailleurs essentiellement de la diaspora, un autre intervenant de taille, Monsieur Lansana Kouyaté était de la partie. Placée sous le « signe du renouveau et du développement », suivie d’un spectacle vivant avec Cheka Katenen.

En 2019, c’était avec une collaboration de la CAGF autour d’une conférence-débat réunissant les experts du digital sur la « Place du numérique dans le processus de développement de la Guinée et de l’esprit patriotique : enjeux, défis et perspectives », suivie d’un spectacle vivant du couple Soul Bang’s et Manamba Kanté sans oublier les tournois de football qui réunissent chaque année les équipes de différents pays : Guinée, Mali, Sierra Leone, Guinée équatoriale etc. C’est une expérience très enrichissante qui ne laisse que du positif.

Que comptez-vous faire de cet événement dans les prochaines années ?

Notre objectif est d’en faire un grand festival pour les prochaines années. Reste à définir les orientations et le contenu. Mais un festival à plusieurs dimensions qui pourrait être axé chaque année sur un forum de l’entrepreneuriat et des investisseurs pour favoriser l’aide au retour des jeunes diplômés guinéens en France et présenter le potentiel des affaires aux bailleurs et opérateurs économiques Français, un salon des ventes et du bien-être pour promouvoir les marchands locaux, un tournoi de foot et un spectacle culturel grand public de renom.

Nous allons mieux y travailler à l’issue de l’édition de 2020 pour voir avec le prochain conseil d’administration qui sera élu comment y procéder dans le cadre de notre plan d’action soit avec la FAG-HDF ou en confiant cette responsabilité exclusive à ses structures membres sous sa coordination.

Nous saisissons l’occasion qui nous est offerte pour remercier SitaNews que nous suivons aussi de loin et qui fait un formidable travail de son côté. Merci également à nos sponsors Ambassade de Guinée, Université de Lille, Région des Hauts-de-France, la Mairie de Lille, le Crous. Grand merci à tous les membres de la FAG-HDF qui travaillent constamment dans l’ombre ainsi qu’à tous nos partenaires sans exception pour leurs efforts indéfectibles. Que Dieu bénisse notre pays.

Interview réalisée par SITANEWS©, Paris


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