Doctorant et chargé d’enseignement contractuel en droit public à l’Université de Bordeaux, Maxim HABA originaire de Guinée occupe désormais le prestigieux poste de délégué du défenseur des droits en Gironde dans le sud-ouest de la France.

C’est un parcours de perfection qui l’a conduit à une telle responsabilité. Tout a commencé bien avant le bac, mais puisqu’il faut situer, nous l’avons rencontré le jeudi à Bordeaux  place des Quinconces pour un entretien exclusif.

L’éducation guinéenne a été d’un grand apport dans son parcours. Déjà à Conakry, il se distingue par son classement au baccalauréat « Je suis ancien élève du Lycée d’Excellence et je fus 5e de la République au baccalauréat unique (session 2013). Ce qui m’a valu le bénéfice d’une bourse au Maroc pour les études de droit. J’ai eu le privilège tout à la fois, de sortir Major de promotion tant au DEUG qu’en Licence… J’ai pu bénéficier de la prestigieuse bourse d’excellence Eiffel du Gouvernement français pour le Master en France »

Si la nouvelle fonction du doctorant guinéen semble difficile à cerner, c’est en faisant recours à ce qu’il fait de mieux à l’université de Bordeaux, c’est-à-dire la pédagogie qu’il a su nous expliquer le rôle du Défenseur des droits qui « consiste à représenter une Institution constitutionnellement consacrée en France en aidant les citoyens français et étrangers à faire valoir leurs droits vis-à-vis de l’Administration. J’interviens dès lors dans le droit des étrangers, le droit routier, le droit d’accès au service public, le droit fiscal… Le principe est simple, toute personne (physique ou morale) s’estimant lésée est en droit, de saisir le Délégué du Défenseur des droits »

Auréolé de cette fonction, c’est sans cacher son émotion que notre hôte a affirmé être « particulièrement sensible à cette marque de reconnaissance et l’opportunité unique que m’offre ce poste, en vue d’accomplir ce que j’ai toujours voulu et aimé faire, c’est-à-dire aider les personnes à faire valoir leurs droits » Affirme-t-il.

Malgré un succès qu’il qualifie modestement de « petit parcours » ses rapports avec la Guinée restent le même. Avec un peu de marge, on pourrait dire qu’il s’est renforcé avec le temps à travers des initiatives allant dans le sens du renforcement et de la valorisation de la recherche universitaire guinéenne : « Nous avons récemment mis en place un centre de recherche en Droit international intitulé centre de recherche sur l’Afrique et le droit international de Conakry à l’Université de Sonfonia. En tant que membres fondateurs, nous travaillons à associer au projet d’autres jeunes chercheurs ou chercheurs confirmés ». En se posant comme analyste et spécialiste des questions juridiques, son constat sur l’accessibilité du droit en Guinée est « peu reluisant ».

Pour finir, il met un accent particulier sur la nécessité de la vulgarisation des textes  juridiques auprès de la population qui, à ses yeux, « ne sont pas forcément lisibles et sont peu accessibles. Les citoyens ne sont pas toujours sensibilisés ni accompagnés en vue de faire valoir leurs droits, ne fût-ce que les plus fondamentaux ».

Lucien BLEMOU pour SITANEWS©

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