En Guinée, l’état actuel des salles de cinéma donne le tournis et forcément des larmes aux yeux ! Ces espaces de diffusion cinématographique du pays ayant connu des années de gloire, sont aujourd’hui, tous bazardés aux particuliers et transformés en magasins de stockage. La plupart de ces édifices culturels ont laissé place à la construction fantaisiste des infrastructures hôtelières avec la complicité des cadres véreux de l’administration publique.

La Guinée par le passé, comptait plus d’une vingtaine de salles de cinéma à travers le pays avant que certaines d’entre elles ne soient privatisées par l’État en 2000. Et depuis, le cinéma du pays et ses espaces de diffusion connaissent un niveau décrépitude déplorable. Et difficile pour les autorités actuelles de réparer la faute qu’elles ont héritée. Le combat dans lequel doit-elles se lancer est d’engager une opération de récupération de tous ses biens publics. Le ministre de la culture, Bantama Sow doit oser.

Nombreuses maisons des jeunes du pays sont aussi confrontées à ce même type de manœuvre ignominieuse des cadres guinéens. Exemple : la maison des jeunes de Dixinn Pharma-Guinée (Conakry) est occupée depuis plus de 3 décennies par un célèbre Opérateur économique qui a transformé cet endroit en centre commercial sous l’œil impuissant et corrompu des dirigeants. Dommage !

Deuxième exemple : le Cinéma Liberté l’un des plus célèbres du pays situé au seuil de Kaloum est aussi bradé par la complicité avérée des autorités. D’autres comme le Realto, Rex, M’balia, Vox, Rogbanè, le Triomphe, le Palace, Mimo, le Cinéma Mandingue, Lilian à Conakry ne sont plus dans le portefeuille de l’État et transformés en centres d’affaires qui n’ont rien à avoir avec la culture.

Le constat est amer ! Pourtant, ces édifices publics faisaient office de véritables lieux d’expression culturelle, de retrouvailles, d’éducation, de convivialité et d’un puissant moyen de communication pour la population. Les soirs, tout le monde se précipitait d’aller au cinéma. Il y avait de l’engouement ! Conakry la nuit, l’ambiance et la joie de vivre y étaient. Malheureusement, cette habitude n’a duré que quelques temps. Les guinéens se sont vus couper de cette merveilleuse passion qui les unissait. Ce qui stipule que ces salles de cinéma ont joué un important rôle dans le sens de la cohésion sociale, la paix et le vivre ensemble.

Aujourd’hui, rien de toute cette chaleur humaine n’existe et les études sociologiques du pays  démontrent que le vivre ensemble guinéen est affaibli. Son unique instrument légitime et efficace qu’est la CULTURE pour solidifier son sens de rassemblement national est désormais fragilisé.

La disparition des salles de Cinéma au profit des boutiques et magasins a provoqué une nette régression catastrophique du Septième Art en Guinée qui avait pourtant brillé de tous ses feux sur des grandes scènes internationales.

L’histoire enseigne que le premier film africain est guinéen, « MOURAMANI », réalisé en 1920 dont son metteur en scène est Mamadou Touré. Et au fil du temps, le pays de feu Yakhouba Pèssè et Italo Zambo a connu des grands cinéastes de renom comme Cheick Doukouré, Cheick Fantamady et bien d’autres qui furent de véritables porte-étendards.

Aujourd’hui, le cinéma guinéen est trainé dans la boue, il souffre d’un manque criard d’investissement, de productions de qualité, de valorisation et de promotion. L’Onacig (Office national du cinéma guinéen) en manque de subvention conséquente n’existe presque que par le nom.

Selon nos sources, le Nigeria, c’est entre 1 500 et 2 000 films par an et ce qui place le pays au deuxième rang mondial en matière de production. La production cinématographique et musicale nigériane aurait généré 4 milliards de dollars US, soit 2 % du PIB du Nigeria les années antérieures. Cela veut dire que l’industrie cinématographique est un incroyable pourvoyeur de l’économie d’un pays s’il est bien entretenu. Nombreux pays ont compris le business comme le Sénégal, le Ghana et autres. Mais en Guinée, le constat reste déplorable. Le remord est profond. Face à cette situation déshonorante et très fastidieuse, le ministre de Bantama Sow ayant hérité d’une situation catastrophique, se contente de distribuer des miettes aux cinéastes du pays au lieu d’établir une vraie politique de relance du secteur et défendre avec audace au conseil des ministres, le budget qu’il faut pour le cinéma guinéen sous perfusion.

Par SITANEWS©

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