C’est la deuxième fois que nous recevions le patron du cabinet RH Challenge, Alexis ADIMI. Avec lui, nous avons épluché des questions aussi importantes que celle de la vie de la population guinéenne en général, et celle de sa jeunesse en particulier. Lisez !

Alexis ADIMI gère RH Challenge. C’est un cabinet d’expertise en gestion des ressources humaines créé en novembre 2014 à CONAKRY.

Bonjour M. ADIMI ! Dites-nous comment se passent vos vacances à Conakry avec la COVID-19 et les grandes pluies qui y font beaucoup dégâts ?

Bonjour ! Je ne me sens pas en vacances, seulement la présence de la Covid-19 impacte sérieusement nos activités : l’administration publique et privée, tout tourne au ralenti avec un service minimum. Ce qui réduit drastiquement notre champ d’actions. Et comme cela ne suffit pas, la période hivernale s’y colle et tout son corolaire notamment d’énormes difficultés de se déplacer. Cela, en raison du mauvais état des routes toujours envahies par des eaux de ruissellement et qui exposent la population à des risques. C’est la croix et la bannière.

Selon vous, à qui incombe cette responsabilité ?

Pour moi, le contrat social qui existe entre les gouvernants et les gouvernés n’est pas respecté. Il incombe aux gouvernants de créer les conditions permettant aux populations d’avoir une vie décente mais en retour, il est du devoir de tout citoyen de rendre propre son espace de vie. Ce qui veut dire que les responsabilités sont partagées.

C’est vrai que l’État doit être plus présent sur le terrain et essayer d’apporter des réponses à tous ces problèmes cités. En Guinée, il y a un déficit d’anticipation et de suivi des travaux.

Si vous étiez ministre des travaux publics, qu’allez-vous faire ?

(Rires) ! Merci déjà pour le souhait ! Je pense qu’on ne peut refaire la route comme on le dit. La réussite d’un ministre ou toute personne commise à une tâche est d’être rigoureux avec soi-même. Avoir une capacité à anticiper et à réadapter à des situations. Éviter surtout des actions tape-à-l’œil mais plutôt, inscrire ces actions dans la durée…En plus, j’encouragerai les initiatives privées pour ne pas que toutes les actions soient concentrées au ministère, mettre en place des unités de gestion des activités de curage des caniveaux, faire et refaire les routes qui répondent aux normes standards internationales et qui résisteront au temps dans tout le pays, créer des voix de dégagement pour essayer de résoudre les problèmes d’embouteillages…

Comment expliquez-vous cette galère que traînent au quotidien les populations de Conakry (transport, famine, insalubrité, mauvaise qualité d’internet, désœuvrement, manque de logement, etc.) ?

C’est à mettre au compte de la mauvaise gouvernance, les richesses du pays ne sont pas correctement redistribuées. Ceux qui sont aux affaires n’ont pas pitié des pauvres populations. Cela nous maintient dans un cercle vicieux de la pauvreté et fait de nous des éternels assistés. Les guinéens ne méritent pas de souffrir mais à y voir de plus près, c’est le guinéen qui est l’ennemi du guinéen et c’est dommage.

Selon vous, que faut-il faire pour réduire considérablement le taux de chômage des jeunes en Guinée ?

Il faut que les jeunes comprennent déjà que le salut viendra d’eux, que rien n’est gagné d’avance et rien n’est perdu d’avance non plus, car, il faut le entreprendre. L’État ne peut pas tout faire aussi. Donc, le conseil que je peux me permettre de donner est d’ENTREPRENDRE.

Après, il faut que l’État prenne ses responsabilités vis-à-vis des jeunes, les accompagner dans le processus de création d’entreprises, les former et les orienter vers les métiers d’avenir, porteurs …

Les autorités devaient-elles prioriser l’enseignement technique et professionnel que celui supérieur ?

Non pas du tout ! Pour moi, il faudrait donner la chance à chaque partie d’exister, bien qu’on ait plus besoin de techniciens que de bureaucrates pour développer un pays, prioriser non. Mais bien expliquer aux jeunes, les chances qu’on a d’avoir un emploi quand on porte notre choix sur l’enseignement technique au lieu du supérieur.

Que pensez-vous du secteur informel ?

Pour certains, parler du secteur informel renvoi directement à un secteur où il n’y a pas d’organisation, où il existe l’anarchie. Mais moi je crois que ce secteur occupe une place importante voire même capitale dans notre économie. D’ailleurs, une bonne partie de la population vit de ce qu’on appelle « les petits boulots »

Selon une étude récente de la Banque Mondiale, ce secteur génèrerait 97 % des créations d’emplois dans un pays très touché par le chômage. Donc, il est essentiel de penser à structurer ce secteur d’activité qui, le plus souvent échappe à tout type d’imposition, de contrôle ou même simplement de dénombrement.

Si rien n’est fait, quelles seront les conséquences du chômage en Guinée dans 10 ou 15 ans ?

Le constat est amer, et avec cette pandémie de COVID 19, les choses sont parties pour être encore plus compliquées dans le domaine du travail surtout.

Ajouter à cela, il faut relever que les universités guinéennes ne font que produire des potentiels chômeurs. Parce que les politiques d’absorption et d’insertion des jeunes ne sont pas suffisantes et si rien n’est fait, dans 10 ans nous risquons de toucher le fond.

Pour boucler cette interview, quel est le sujet qui vous tient à cœur ?

La situation des enfants maltraités, violés, abandonnés, exploités … cela m’inquiète beaucoup et mon souhait est que la question soit traitée avec la plus grande intelligence que possible.

Merci M. ADIMI !

C’est moi qui vous remercie.

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Par SITANEWS©

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