INTERVIEW. En Afrique tout comme en Europe, aux USA, partout, dans l’univers Rap, le clash est récurrent. Ces derniers temps à Conakry, le phénomène inquiète et il risque de dégénérer entre les jeunes rappeurs en herbe.
Paradoxe : la question du « Rap » divise novices et connaisseurs et chacun y va de son commentaire. Si pour certains, le Rap est purement « Conscient », pour d’autres adeptes comme KING LAX, le « Rap vient de la rue et il n’a pas d’éducation ».

Dans cette interview exclusive qu’il vient d’accorder à Sitanews, le « Meilleur Rappeur Guinéen dans les années 2004, 2005, assume et argumente ses propos avant de tirer son chapeau à la New génération du Game à Conakry. Lisez !

King Lax (Tumany Dantatah) toujours hot/Photo piquée sur son compte Facebook

Tu suis de loin comme tout le monde tes « petits frères » rappeurs qui se livrent au clash À CONAKRY. Quelle est ta lecture?

K. Lax : « Laissez-moi vous dire que sans battle il n’y a pas de rap où de genre musical rap – L’historique du Hip Hop témoigne que le premier morceau rap a été un plagiat des rappeurs de battle…Donc, cette histoire date de très loin ».

En tant qu’ « aîné », que peux-tu inculquer à ces jeunes révélations du Rap guinéen?

K. Lax : « C’est de ne pas laisser la situation dégénérer. Tout doit se passer dans l’ordre.  C’est-à-dire, il faut que ça soit purement lyrical ».

Justement, mais est-ce que le rap veut forcément dire clash?

K. Lax : « Le rap est à la base, était un support pour les DJ’s (Disc-jokers NDLR) qui animaient la foule. Mais en réalité, c’est le clash qui a développé le rap et à devenir un genre musical rependu sur toute la planète ».

King Lax : ex-membre du célèbre groupe de rap guinéen, Silatigui

Vous avez aussi connu ce phénomène de clash infernal à votre époque ? Rappelons que vous êtes de la deuxième vague du mouvement Rap ayant surgi dans les années 2000 en Guinée

K. Lax : « Le monde s’est ouvert à travers les réseaux sociaux. Donc, nos successeurs sont plus décomplexés que notre époque et sans retenu. Honnêtement, moi j’adore ça. Parce qu’en vrai, le Hip Hop est un art de rue où l’on dit les choses comme l’on les conçoit ».

Donc, cela veut dire qu’on peut bien compter sur cette nouvelle génération pour reprendre le flambeau du Rap Guinéen qui est en sa troisième décennie maintenant ?

K. Lax : « Bien sûr que oui. Cette génération a tout ce qu’il faut aujourd’hui, plus que nous à notre époque. Mais je dirai aussi que ces jeunes rappeurs ont besoin du soutien, des pionniers à leurs côtés. Mais cela reste un problème majeur chez nous, vu que tous les anciens vivent maintenant ailleurs. Mais cela n’empêche pas les anciens, de prendre le devant de l’industrie, le développer et éduquer les enfants sur l’historique de la culture Hip Hop de Guinée ».

Concernant la source d’inspiration de ces jeunes rappeurs, il y’a un souci majeur

K. Lax : « Oui, mais si les ainés restent toujours constants, j’en suis sûr qu’au fil du temps, les petits ne s’inspireront plus des artistes étrangers que leurs aînés qui leur ont ouvert le chemin. Aussi, la presse Guinéenne doit faire sa part de préservation du patrimoine culturel du Rap/Hip Hop en Guinée ».

King Lax est un super fan de la légende du rap américain, 2PAC Amaru Shakur

Parlant du contenu des textes. Quelle est ton appréciation ?

K. Lax : « C’est propre. Je suis fier de ces jeunes rappeurs parce qu’ils sont dans la tendance actuelle qui leur permettra de remettre la Guinée sur la carte du Rap africain ».

Connais-tu Djanii Alfa? Que penses-tu de son rap ?

K. Lax : « Je le connais mais bon, ce n’est pas ma tasse de thé. Je crois que lui, il pourrait apporter beaucoup plus au milieu rap vu que il est la relève de notre époque ».

Pour finir, quelle est ton actualité ?

K. Lax : « Je suis en train de préparer un projet avec quelques frères de la old school mais pour l’instant, je ne peux pas donner plus de détails ».

Interview réalisée par Syta

 

Partager

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici