Les réseaux sociaux

En Guinée, des chansons pourries et nulles font l’unanimité ! Sans queue, ni tête, la plupart de ces chansons deviennent par inadvertance des hits par le fait même de l’ignorance du public et de la complaisance des animateurs culturels des chaînes de télévision et radio.

La musique adoucit les mœurs quand elle est bien rendue. Mais elle est aussi agaçante quand elle est médiocre. L’on écoute des chansons pour passer le temps. Chacun a des préférences certes – soit on est séduit par l’artiste, les mélodies, le refrain, ou soit par la cadence ou par des paroles. Mais tout porte à croire que le marché guinéen est bourré de chansons insignifiantes qui ne répondent à aucune des règles sacrosaintes de la musique vraie. Ces chansons inondent pour rien. Certains mélomanes par affinité se prêtent à l’opération de partage et de like de ces chansons sur les réseaux sociaux. Histoire de soutenir leurs idoles mais sur du faux. Un fait qui contribue dangereusement à la défectuosité de la filière musique en Guinée.

Il n’est pas chanteur qui le veut mais qui le mérite. Malheureusement en Guinée, c’est le tohu-bohu. Tous les artistes sont devenus à la fois, auteurs, compositeurs, interprètes, ingénieurs, beatmakers, communicants experts, manageurs, producteurs et diffuseurs. Ils sont à la fois au four et au moulin. Un désordre total indescriptible.

En réalité, la plupart des musiques guinéennes (urbaine et populaire) manquent de contenu véritable. Par manque d’inspiration, presque 90% des artistes chantent à foison des thématiques non fondées.

Une autre catégorie d’artistes tire profit dans des chansons d’éloges : du premier au dernier mot, on entend que des louanges fades. Ils anticipent des dédicaces pour pouvoir marauder les richissimes ou des Sèrès (groupement de femmes). Ils se font beaucoup d’argent un seul jour au Palais du Peuple, mais en sacrifiant leur carrière qui ne bouge d’un iota.

Une troisième catégorie est bien des chansons du genre extravagant, arrogant, grossier et dépravé qui heurtent la sensibilité des moeurs. Les textes qui ne se reposent sur aucune charte. A pareil cas, doit-on penser à la censure ? Sur la question, plusieurs professionnels de musique interrogés en off par notre Rédaction sont tout à fait partants pour l’idée de passer au scanner chaque chanson qui sort.

Si par le passé, l’on prend lascivement du plaisir en écoutant les albums, depuis presqu’une quinzaine d’années, cette obsession a cessé de se manifester chez les mélomanes. Ce qui fait que les albums n’ont plus de valeur, les grandes maisons de production et de distribution ont préféré fermé, pour faute de rendement.

Pire, l’éclosion des réseaux sociaux et des Home studios ont davantage catastrophé la situation. Les artistes tombent aveuglement dans la facilité en production tout comme en communication. Et derrière, aucun plan de développement de carrière n’est établi.

La musique guinéenne des 20 dernières années est insupportable selon notre sondage. Les 87% des mélomanes souffrent d’un réel amateurisme des artistes guinéens. Que faut-il faire pour renverser cette tendance désastreuse ! L’une des vedettes de la musique guinéenne, Ibro Diabaté dans une de ses récentes sorties médiatiques s’indigne contre cette réalité macabre du monde la musique guinéenne actuelle. Dans ses recommandations urgentes et pratiques, l’auteur du célèbre album guinéen « Allah Nana » propose  : un droit de regard des professionnels sur chaque produit, la mise en place d’une commission de suivi et de censure de toutes les chansons éditées et diffusées sur le sol guinéen. Est-ce la bonne solution ? Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

SITANEWS©


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