Comme par hasard, nous sommes tombés sur un post de l’ex-ministre guinéen de la Culture, Siaka Barry sur facebook. Cette publication spéciale a doublement attiré notre attention. Si vous ne l’avez pas encore vu,  c’est un plaisir pour nous de la partager avec vous. C’est ultra instructif ! Il s’agit d’une incroyable histoire concernant un jeune migrant qui par malchance, n’a pas pu continuer son chemin monstrueux dans l’espoir de joindre l’Europe.

Dans ses moments de désespoir, le jeune Hamidou Diallo aurait sollicité par téléphone, le soutien de l’ancien ministre de la culture pour pouvoir réaliser son rêve, celui de continuer son périple incertain vers « l’eldorado ». Que s’est-il passé dans cette histoire ? Le ministre s’explique :

(Photo) Hamidou DIALLO

« Nous étions à la fin de la saison hivernale de 2017, depuis plus d’un mois j’étais au cœur d’un tourbillon politique intense depuis mon limogeage du gouvernement. Un matin, je reçois sur Messenger un appel anodin venant d’un de mes contacts au profil douteux. Une voix jeune et innocente se présentait ainsi :
– Bonjour, suis-je bien avec le camarade Siaka Barry ? Ok, je me nomme Hamidou Diallo, je suis un jeune guinéen désespéré et perdu en aventure. Mes parents sont des pauvres paysans dans un village à Mamou, n’arrivant plus à subvenir à leur besoin et à mes études, j’ai décidé de quitter la Guinée pour sauver mes parents du désespoir. Je n’avais que le niveau 10ème année quand j’ai arrêté mes études. J’ai tout d’abord pris la route de la mer pour tenter ma chance vers l’Europe, mais par la force du hasard je me retrouve aujourd’hui abandonné dans une région qui m’est totalement inconnue, en plein cœur du Gabon, sans assistance, ni nourriture, ni toit, ni espoir…Sauvez-moi, camarade, pour l’amour de Dieu, aidez moi à avancer sur mon chemin ! 

 Je lui répondis ceci :

Mon fils, je suis désolé, je ne peux pas t’aider ! Oui je ne t’aiderais pas à avancer (comme tu le dis) sur ce chemin migratoire périlleux et incertain pour toi. Si tu veux mon aide, je t’aiderais plutôt à reculer, oui à revenir dans ton pays et à te consacrer à ce qui est fondamental pour ton avenir : les études. C’est à cette seule condition que je te garantirais tout mon soutien, si tu acceptes de revenir et de te consacrer entièrement aux études et à ton éducation.

Après quelques jours d’échanges francs, après un moment d’hésitation, le jeune homme accepta ma proposition et décida de suivre mes conseils et de faire marche-arrière. Je le mis promptement en contact avec les autorités consulaires et certaines connaissances, et le voilà prenant le chemin du retour pour la Guinée.

Par la grâce de Dieu, au cours de ces trois dernières années, j’ai pu remplir ma part de contrat avec ce jeune homme en supportant ses frais d’études dans une école privée de Conakry, en l’encadrant par mes conseils et en lui prodiguant mon soutien moral et matériel. Trois longues années au cours desquelles le jeune Hamidou se montrera sérieux, appliqué et studieux à l’école, il affrontera les études avec la hargne digne d’un titan et accumulera des succès notoires dans les classes intermédiaires de la 11ème et 12ème année.

Avant-hier, quelle ne fut ma surprise, lorsque ce vendredi, au moment nous savourions la joie de fêter le bac de mon fils aîné Sidy Lamine, une voix hésitante, un peu en pleur, m’interpellait au bout du fil : « moussé Barry, zé suis le papa de Hamidou…ehh Moussé Barry Albarka, Albarka, Albarka !!! » C’était le père de Hamidou, qui m’appelait de son lointain village de Soumbalako (dans Mamou). J’entendais en fond sonore, la voix fière des villageois venus manifester leur joie dans la famille du pauvre paysan. J’apprendrais du coup, que le jeune Hamidou, cet enfant sauvé des affres de la migration, avait brillamment affronté le bac 2020 et qu’il s’était classé 183e de la République !!! Ah le destin !!!

C’est seulement alors que j’ai réalisé que je n’avais pas eu tort de convaincre ce jeune guinéen de revenir sur les bancs de l’école. Combien sont-ils nos jeunes prodiges qui se font engloutir par la méditerranée et par la forêt tropicale, alors qu’ils pouvaient se bâtir sur place, un avenir radieux avec un minimum d’assistance ?

Pour une fois la méditerranée n’aura pas raison d’un jeune innocent !!!
Félicitations à toi Hamidou Diallo, que Dieu sauve tous les jeunes africains en proie à la tourmente et au désespoir ! »,
a-t-il conclu.

Que peut-on rappeler ?

En 2018, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a aidé 63.316 migrants à rentrer chez eux, par le biais de ses programmes de retour volontaire et de réintégration.

Selon un document de l’OIM relatant les points saillants de 2018 sur le retour et la réintégration des migrants, ce chiffre représente une diminution de 12% par rapport à 2017.

Sur les 63.316 migrants assistés l’année dernière, près de la moitié – 30.919 personnes, soit 49% de tous les bénéficiaires du programme – ont été aidés par l’OIM dans seulement deux pays, l’Allemagne et le Niger, avec chacune environ 15.000 migrants. Les autres pays envoyant un grand nombre de bénéficiaires chez eux sont incluent la Grèce (4.968 migrants), l’Autriche (3.469), Djibouti (3.392), la Belgique (2.795), les Pays-Bas (2.149), le Maroc (1.508), la Turquie (1.494) et l’Italie (958).

Malgré ses efforts, tout porte à croire que les milliers des centaines de migrants continuent toujours à mourir en haute mer chaque année.

SITANEWS©

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