Le rêve du retour hante beaucoup d’aventuriers. Trente ans loin de chez soi. Parfois quarante. Certains reviennent les mains vides. Bredouilles ! Mais ils gardent une conviction : rien ne vaut la terre natale. Même pauvre. Même dur. C’est cette conviction qui a poussé Soriba Wantos à tenter l’aventure du retour au bled.
Un exilé de plus de trois décennies... Soriba Wantos n’est pas un inconnu. Sur les réseaux sociaux, son humour fait rire des millions de Guinéens. Il vit en France depuis plus de trente ans, selon ses propres mots. Plus de trois décennies loin de Conakry et ses périphéries. Trois décennies à Paris.
Un jour, il a pris sa décision. Rentrer. Pour de bon. S’installer en Guinée et y refaire sa vie.
Le petit commerce qui devait tout changer
De retour au pays, Soriba se lance. Il tente. Il ouvre une boutique. Son idée : vendre de vieux appareils électroménagers. Des frigos, des cuisinières, des radios, des ventilateurs. Tous récupérés dans les rues de Paris, envoyés en Guinée, revendus sur place.
L’affaire ne décolle pas. Le business n’aboutit pas. Les clients manquent. Les marges sont faibles. Le rêve s’effrite.
Une briqueterie, puis un restaurant en dernier recours... Wantos ne baisse pas les bras. Malgré le poids de l’âge, il tente d’autres choses. D’abord, une briqueterie, ensuite, un restaurant, cette fois. Nouvelle idée, nouvel espoir.
Même résultat. L’échec suit l’échec. Trois projets, trois tentatives, trois déceptions. Le triple échec qui a renvoyé Sorel Wantos de son pays.
Retour à Paris : « Là-bas c’est mieux que chez soi » ?
Face à ces revers, Soriba prend une nouvelle décision. Il repart. Il quitte encore Conakry. Même après trente ans d’absence. Même après avoir rêvé du retour. Maintenant, à nouveau, direction la France. Direction Paris.
Sa conclusion est amère. Il le dit sans détour : « La France, là-bas, je vais recharger mon cerveau. Dieu est grand. Si rien de mal ne m’arrive, je m’en sortirai pour sortir mes enfants de la misère. »
Clignancourt et Barbès, terrain familier
À Paris, Soriba retrouvera ses repères. La police parisienne. Les artères de Clignancourt. Les trottoirs de Barbès. C’est là qu’il vendait ses vieux appareils, avant son départ pour Conakry.
Ce sont ces mêmes rues qui l’avaient nourri pendant des années. Ce sont elles qui l’accueillent à nouveau. Bienvenue Wantos !
Une question reste en suspens : va-t-il reprendre ce commerce ? Vieux appareils, trottoirs parisiens, débrouille quotidienne ? L’histoire de Soriba Wantos pose une question : Celle de tous les exilés tiraillés entre deux mondes. Celle du pays qu’on aime et du pays qui fait vivre.
Par SITANEWS
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