PHOTO. Le char de la Marianne/Copyright RS
25 February, 2026

Honneur aux Reines et aux héroïnes au Carnaval de Nice 2026


Reportage signé 
Rita STIRN 

Envoyée spéciale de SITANEWS à Nice, France

 

Même si à Nice la population trouve qu’il fait plus froid que d’habitude, le Carnaval a bien fait monter la température dès la journée d’inauguration. La Ville, les sponsors, les Niçois et Niçoises, les commerçants et les touristes feront vivre l’édition 2026 sous le signe de Vive la Reine du 11 février au 1er mars. Un traditionnel bal masqué baroque du Veglione se déroulera à l’Opéra et Lou Queernaval marque un évènement unique en France. En clôture, les moins frileux pourront plonger pour le Grand bain du Carnaval dans les eaux bleues de la Méditerranée.

 

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Le Carnaval est un évènement traditionnel, populaire et commercial, extrêmement bien organisé et particulièrement sécurisé depuis la tragédie du 14 juillet 2016 due à un attentat terroriste sur la Promenade des Anglais. Des dispositifs policiers de grande ampleur sont disséminés sur tout le parcours allant de la Promenade des Anglais à la Place Masséna, jusqu’à l’Avenue Jean Médecin, artère principale de la ville. Des palissades délimitent l’espace payant mais la population niçoise peut participer gratuitement à bon nombre d’évènements, à commencer par le Grand Charivari dès le 11 février, aussi bien au centre-ville que dans certains quartiers. 

 

A noter, la célèbre course des garçons et garçonnes de café, qui représentent divers établissements niçois. La course démarre au tribunal et il y est justement interdit de courir en tenant son plateau garni d’une bouteille et de verres, sous peine de pénalisation. Le vainqueur se verra remettre un chèque de mille euros, même récompense pour le meilleur costume. La plus jeune participante et le plus ancien recevront également un cadeau. L’animation de cette course est assurée par les Pervenches, un groupe féminin de percussion, venu d’un département proche, la Drôme.

 

VIDEO utile >> https://youtu.be/1rOB0ztOTEA

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Un autre ralliement populaire gratuit, la Carlavalina, se déroule le 14 février avec le concours d’artistes et d’associations. Il attire un vaste public sur tout l’itinéraire du Carnaval. Le rendez-vous destiné aux enfants est prévu le 19 et le 26 février au Théâtre de Verdure pour une Nocturne au Village du Carnaval, avec des stands gourmands, des ateliers créatifs, des jeux et des animations didactiques, notamment une sensibilisation à l’écologie et à l’économie d’énergie avec un manège sans électricité et sans matières plastiques, mais très créatif quant aux créatures à chevaucher ! Un beau succès. Juste à côté, on peut se procurer un chapeau original entièrement en fibres naturelles ou apprendre comment travaille un charpentier de marine pour la réalisation de barques traditionnelles en bois.

 

L'ambiance à son comble avec de belles parades 

 

         Les temps forts du Carnaval ont lieu le weekend, le son des amplis fait vibrer la ville, les couleurs des chars et des déguisements traditionnels ou burlesques offrent une riche palette scintillante qui enchante le regard. La thématique de la Reine, qui existait déjà en 1911 d’après les archives, inspire des costumes très créatifs en plumes, paillettes, coquillages, peaux de bêtes, mais aussi toutes sortes de couronnes de métal ou en bois, et les participantes arborent fièrement leur inventivité. Le 18 février, une programmation musicale au féminin animera la soirée, DJ set inclus. Le 28 février, une soirée immersive aux couleurs du Brésil sera animée par les danseuses de officielles du Carnaval et une Batucada niçoise. Les cortèges de chars nous font découvrir des figures de reines du Japon, de pharaone d’Egypte, de reine Inca, mais aussi des Reines rebelles ou des héroïnes mythiques. Pour clore le cortège, le char de la Marianne avec sa cocarde tricolore vogue sur les vagues. La figure de la Marianne est également déclinée dans une exposition photographique de Sylvie Castioni sur la place Masséna. Diverses femmes célèbres posent symboliquement avec une main sur leurs seins pour défendre le matrimoine dans l’Histoire et la place des femmes dans la République.

 

VIDEOS >> Village du carnaval

https://youtu.be/0xYimM0B4gg

 

         Les Reines debout sur les chars distribuent généreusement au public des mimosas et autres fleurs au cours de cette traditionnelle Bataille de fleurs, qui consiste à emporter chez soi le plus gros bouquet possible. L’offre est tout de tout de même de seize tonnes de mimosa ! En soirée, tous les samedis et mardis, le Corso illuminé offre un véritable spectacle sons et lumières qui se répétera jusqu’à la clôture. 

 

 Le public en liesse/Copyright RS

 

Les tribunes affichent complet de 20h30 à 22 heures, dès le samedi 14 février pour des places payantes en tribune mais gratuites si on arrive sur place avec un déguisement complet. Et l’on chante et on danse dans les tribunes, aux sons de tubes connus, on lance des confettis sur son voisin, on fait voler des ballons de couleurs d’une rangée à l’autre, une gaité partagée. « It’s fabulous » me dira une Écossaise désormais installée à Nice après un coup de cœur pour cette ville. « Les couleurs sont magiques » diront deux jeunes étudiants argentins qui se destinent à l’enseignement du français dans leur pays. Ils sont venus à Nice pour vivre une expérience carnavalesque française qu’il trouve bien différente du Carnaval en Argentine, notamment pour la programmation musicale en accompagnement des cortèges.

 

Le Carnaval a son photographe niçois attitré avec l’exposition, à la Galerie municipale, de Nikaia Garibaldi qui présentera Mon Carnaval avec ses photographies intimistes, au plus près des carnavaliers. Cette fête s’inscrit également dans la transmission aux jeunes générations de la culture locale et de la tradition carnavalesque avec la création de masques et de déguisements en collaboration avec les bibliothèques de la Ville.

 

Chaque année, Nice se métamorphose au rythme du Carnaval. La découverte des cultures carnavalesques d’autres continents ou de celles des diasporas vivant en France, attire une foule intergénérationnelle de visiteurs français et internationaux, curieux de cette fête païenne liée au cycle des saisons et qui marque le renouveau. Est-ce l’attachement à un symbole ou l’expression d’un besoin par les temps qui courent ?

 

 

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