C’est une interview digne d’un vrai talk-show à bâtons rompus. Bien assis dans son fauteuil, Alexis ADIMI a été à la fois très visqueux et pointilleux face aux questions de SITANEWS©. Lisez !

Bonjour M. Adimi ! Avant de débuter cette interview, nous aimerions savoir votre cursus.

Bonjour ! Je suis Alexis ADIMI, je suis né au Bénin, j’ai grandi en Guinée où j’ai fait tous les cycles (Primaire, Collège, Université …). L’école primaire de Matoto 1 au collège Sangoyah en passant par le Lycée Yimbaya à Conakry, jusqu’à l’université de Labé. Puis, celle de Sonfonia où je me suis recyclé il y a environ 7 ans. Donc, je suis un produit 100% de l’école guinéenne. C’est pourquoi, si vous permettez, je m’empresse à exprimer toute ma reconnaissance au corps enseignant guinéen.

Vous avez plusieurs cordes à votre arc : communicant, membre important de la Fonbale et chef d’entreprise. Comment expliquerez-vous tous ce cumul de profils et les enjeux qui en découlent ?

Ce n’est pas facile de cumuler toutes ces positions, mais le plus important est d’avoir des convictions et être rigoureux avec soi-même pour avoir la maîtrise stricte de son agenda avec une manœuvre pour des imprévus.

A la Fonbale par exemple, j’ai été séduit par le caractère humanitaire que défend avec tant de courage, cette Dame au grand cœur qu’est Binta Ann, la fondatrice qui donne de son temps et de sa poche pour que vivent les couches vulnérables que sont : les enfants et les femmes. J’ai alors commencé par devenir un travailleur social. Puis, j’ai été copté pour prendre les rênes de la communication et des relations publiques de cette ONG.

Comme vous le rappelez, je suis également Gérant principal d’un Cabinet spécialisé en ressources humaines.

Pouvez-vous nous dire plus sur ce cabinet dont le patronyme est RH Challenge ?

RH Challenge est un cabinet d’expertise en gestion des ressources humaines. Comme je le disais tantôt, il est créé en novembre 2014, dont sa mission principale est de « contribuer au renforcement des capacités managériales des Cadres et à l’amélioration des performances des entreprises et organisations en Guinée et à l’international. Et depuis, je suis à la tête dudit cabinet qui bon an mal an se fraye un chemin dans le milieu RH en Guinée.

Nos services sont entre autres : externalisation; intérim et mise à disposition du personnel; recrutement; formation et perfectionnement professionnel a la demande; enquêtes et études de marche; identification et recrutement de talents; audit social et performance sociale; gestion du personnel, de la rémunération et de la paie; élaboration et implémentation de procédures administratives; conception et implémentation d’un processus d’évaluation de performance.

Quelles ont été les principales difficultés auxquelles vous avez dû faire face ?

De la création du cabinet à nos jours, il y a eu certes des difficultés, mais aussi des défis relevés. Il y a entre autres, la concurrence avec les autres cabinets de la place, le manque de vision de certaines entreprises qui ne font pas souvent appel à nous par méconnaissance peut être, ou, elles préfèrent copter les cabinets par copinage et relègue au dernier plan les compétences. Ce qui est d’ailleurs dommage en ce sens que cela contribue à tuer à petit feu les petites entreprises que nous sommes.

Oui, ça n’a pas été facile, mais est-ce que cela valait la peine contrairement à d’autres jeunes qui préfèrent la facilité ?

Bien sûr que Oui ! Même s’il n’est pas aisé d’entreprendre chez nous, cependant, cela ne doit pas être un frein. C’est bien possible de partir de 0 franc et grandir. Il faut juste de la volonté et de l’organisation ponctuée d’une petite touche de chance. Il faut savoir vendre ses idées. On ne peut pas rester toute une journée à faire du thé et espérer réussir. Il faut avoir un idéal et se battre pour le réaliser, se donner les moyens car, rien ne s’acquiert dans la facilité.

Justement, parlons de la jeunesse. Que représente, cette couche pour un pays sérieux ?

La jeunesse, c’est le principal levier de développement pour un pays qui se veut sérieux. Il est primordial de s’appuyer sur elle pour réellement amorcer le décollage socio-économique du pays. En gros, c’est le partenaire essentiel au développement ; c’est elle qui doit conduire le changement dans le pays à travers les communautés.

Mais malheureusement, le pays même ne crée pas suffisamment les conditions pouvant permettre aux jeunes d’être un capital humain primordial pour le développement socio-économique de notre pays, la Guinée.

Quelle lecture faites-vous de la jeunesse guinéenne ? Est-elle victime de la mal gouvernance ou elle est responsable de son propre sort ?

D’emblée, je vous dirai que le problème de cette jeunesse guinéenne, c’est la jeunesse elle-même. Les jeunes sont divisés entre opposition et mouvance, ils s’entredéchirent pour des miettes, n’ont pas d’idéal, ne veulent pas se prendre en charge et espèrent changer les choses par les discours. Ce qui est vraiment désolant.

Même si la mal gouvernance reste aussi un frein à la participation des jeunes dans la prise de décision, l’engagement civique et l’inclusion sociale. Cette jeunesse demeure cependant, responsable de son propre sort. Pauvreté aidant, la plupart des jeunes n’ont plus de dignité et préfèrent se vendre aux plus offrants et rester dans leurs zones de confort, par peur de perdre ce petit privilège qui leurs permettent d’arrondir les fins de mois difficiles dans notre pays.

La question d’immigration : comment expliquez-vous cette audace des jeunes africains en allant mourir dans les méditerranées. Selon vous, les États ont-ils leur part de responsabilité ?

C’est une situation très pénible et sensible à la fois. Pour ma part, cela n’est aucunement de l’audace quant à vouloir se jeter dans la méditerranée, c’est plutôt du suicide. Je crois que c’est insensé de vouloir fuir la misère au prix de sa vie, il faut avoir les bonnes résolutions, rester positif et travailler dur pour y arriver.

La recherche de l’Eldorado ne veut forcement pas dire partir. Car, on crée son propre Eldorado chez soi mais avec courage et abnégation.

La détermination utilisée à vouloir partir doit être utilisée pour réussir chez soi.

Nous ne pouvons pas parler de l’immigration (clandestine ou choisie) des jeunes sans pointer du doigt, la responsabilité des Etats.

Je reste convaincu que c’est la mauvaise redistribution des retombées des ressources naturelles de nos Etats qui pousse les jeunes à partir. Mais au finish, partir est-il la solution ?

La politique, vous intéresse ? Pourquoi ?

Vivre c’est faire de la politique ! Oui, elle m’intéresse, fortement d’ailleurs. Pourquoi ? Pour faire passer mes idées et aider à rendre meilleure la vie de mes concitoyens.

Si vous avez la santé, le pouvoir, l’argent qu’il faut, que ferez-vous pour changer le monde ?

J’essaierai de changer la mentalité de l’HUMAIN afin de le rendre meilleur pour que le monde soit un endroit où il fait bon vivre.

Abraham Maslow ne disait -il pas je cite : « Si nous améliorons la nature humaine, nous améliorons tout, parce que nous éliminons les principales causes du désordre du monde ».

Par SITANEWS©

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