Le Marché des Arts et du Spectacle d’Abidjan (MASA) est tout simplement une grosse déception cette année ! Démarré le 5 mars sur une note d’espoir, ce festival vire au flop.

Grand reportage. 


La 12e édition du MASA souffre d’un manque de professionnalisme. L’amateurisme des organisateurs se fait sentir à tous les niveaux : gestion des ressources humaines – mobilisation du public, communication, programmation etc. Que se passe-t-il réellement du côté d’Abidjan ? Sitanews© passe au peigne fin, cette nouvelle édition du marché des arts pleine d’imperfections. Pourquoi ? On vous explique tout !

En vérité, depuis le retrait de Monsieur Yacouba Konaté de la gestion du MASA, ce festival va tout droit au mur. Les hôtes se plaignent. Ce grand événement culturel aux couleurs africaines meurt d’année en année.

Les deux dernières éditions du MASA ont imprimé une mauvaise organisation. Et pourtant, il reste l’un des festivals les plus sponsorisés du continent par les grandes institutions. Ce qui veut dire que Patrick Hervé Yapi (le nouveau DG du MASA) et son équipe ont montré leurs limites. Ils conduisent cet événement avec main d’amateur. Le MASA qui a toujours brillé de mille feux de 1993 à 2018, a finalement changé d’équipe, de direction et de résultats souhaités. Pratiquement, la nouvelle équipe n’a aucune expérience de gestion de ressources humaines en matière de festival et d’organisation. Gros flop encore une fois au MASA – événement fastidieux !

Les artistes qui sont convoqués pour la balance à partir de 14 heures, accusent un grand retard. Les concerts qui sont censés démarrer à 18 heures ne traînent que jusqu’à 20 heures passées. Tout cela, à cause des techniciens et régisseurs qui ne sont pas à la hauteur. Il faut parfois l’implication des ingénieurs de certains artistes invités pour débloquer des situations au niveau de la régie.

Les artistes qui finissent de prester se retrouvent sans pitance. C’est la galère au niveau du système de restauration. On fait tourner les artistes entre le Palais de la Culture et l’INGS (Institut National de la Jeunesse et des Sports d’Abidjan).

« Le MASA, le ‘Massacre », je n’ai jamais vécu une telle expérience ! »

Un festivalier français visiblement choqué, a réagi au micro de Sitanews : « Ça été assez douloureux la journée d’hier. Un problème de communication est constaté. Nous et notre manager, nous mettons énormément de temps à avoir des informations aussi très basiques de la part des organisateurs. C’est incroyable ! Ayant autant d’expériences mais je n’ai jamais vu cette manière de travailler. En 20 ans, je n’ai jamais vécu une telle galère. Je fais des festivals dans le monde entier. Je suis à fond dans les festivals, mais je n’ai jamais vécu ça. Jamais ! Heureusement au final, on arrive toujours même dans les pires des galères, dans un massacre comme ce MASA, on arrive toujours à trouver des humains qui partagent nos problèmes et qui sont là pour nous aider. Je sais que ça ne vient pas d’en haut, ça vient du cœur et ça se passe comme ça. J’espère que ça va se rattraper. »

« C’est une des dates les plus difficiles que j’ai vécues ». 

Cet ingénieur de son d’origine française ne décolère pas : « Disons que ç’a été une expérience compliquée hier, avec mon groupe, dans le sens que nous avions 8 micros à brancher. J’ai mis 1 heure et demie à avoir le son. C’était long ! C’était fatigant !… On ne s’attendait pas forcément à ça. Mais, ça l’a fait. C’est compliqué ! Ce n’est pas normal pour un festival. Je tourne un peu partout à l’international, dans les festivals, mais ce que j’ai vécu au MASA cette année, j’ai rarement vu ça. Il y a un problème d’organisation et de communication. Et forcément au bout d’un moment, les humains peuvent être fatigués de tout ça. Et beaucoup vont commencer à s’énerver. Nous, c’est ce qui s’est passé un peu de notre côté. Mais on a tout simplement perdu notre sang froid. Ce n’est pas ce qu’on voulait, ce n’est pas ce qu’on cherchait. On n’est pas dans cette démarche. Nous sommes des gens gentils. Moi, ça fait 14 ans que je mixe des groupes et c’est la première fois que je vois cette galère. Je suis sorti de là à moitié en larmes, en rage. On aurait pu faire un truc incroyable. Mais c’est une des dates les plus difficiles que j’ai vécues. »

Autre aspect qu’il faille en parler : l’affluence du public est très faible. Que des salles vides ! Les artistes se produisent presque devant les chaises vides. Aucune mobilisation, exceptée le jour d’ouverture officielle du festival. La population ivoirienne a carrément boudé le MASA. Pire, les hommes de médias se font voler leurs outils de travail. La sécurité est banalisée. C’est un gros souci pour les journalistes. C’est hallucinant !

Le MASA va-t-il se rattraper avant la date butoir ? Le festival finit le 12 mars.

Sitanews©, Côte d’Ivoire ??  

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