« Qui ne dit rien consent », est le titre de leur 1er album à succès sorti en 2007. Autant dire que depuis ils en ont fait leur leitmotive. (Sidih, Clax & Momoh). S’il est en effet un groupe qui a fait un point d’honneur à dénoncer les dérives du système instauré par l’ex-président guinéen Alpha Condé et ses sbires, c’est bien ce trio formant DUDDA dont la séum est à fleur de peau.
En 2011, ils délivraient un pamphlet musical : « Angbam san lé ». Une diatribe prémonitoire qui indexait déjà les tares d’un régime qui montrait à peine sa vraie face. Ulcérés par le népotisme ambiant, le tribalisme le plus primaire et la corruption qui ne se cachaient même plus, DUUDA n’à pas pu la fermer comme beaucoup d’artistes conscients l’on fait. Car, on ne se dresse pas impunément contre le côté obscur, contre un système animé d’une volonté de fer et armé de plomb. Un système qui a impunément assassiné tant d’innocents et dilapidé le trésor public hésitera t-il à blacklister un groupe de rap ? Échoura t-il à le museler ? Comme par magie plus de Duuda Inch dans aucun événement sponsorisé par le gouvernement passé. D’ailleurs bien peu de promoteurs culturels n’osaient mettre sur leur liste le nom de ce groupe synonyme d’ennuis avec les autorités. Malgré un talent reconnu de tous, ce groupe a souffert de ses choix : le rap conscious à la place de l’esbroufe festif de ces M.C qui se font des couilles en or par des sons plus mainstream. Quand on se rappelle le coup de gueule qu’il avait lancé à Lansana Conté (ancien président guinéen) avec le rap-uppercut de la chanson « Président », on se dit que l’ADN revendicateur coule dans leurs veines. Le rap sincère !
Ils vous répondent : Bas quartier, quand vous leur demandez leur ethnie. Ils disent revendiquer la couleur « souffrance » des laissés pour compte dont ils racontent la vie dans leurs chansons.
L’avènement de nouvelles autorités voudrait-il dire une renaissance pour un des groupes les plus honnêtes du paysage culturel 224 ? Nous l’espérons car, leur flow est encensé par tous ceux qui ont eu la chance de les écouter. Nous ne pouvons que souhaiter un véritable retour de ces icônes du rap guinéen qui ont eu tant à souffrir de son engagement sociopolitique.
DUUDA, tel un phénix qui peux ressusciter mille fois de ses cendres après s’être consumé sur un bûcher.
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Par Sita CAMARA

SITANEWS©

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