Quinze titres, 50 minutes et trois invités de marque. Avec ce nouvel album produit par Keyzit, la chanteuse guinéenne passe un cap. La release party organisée récemment à Conakry devant un public trié sur le volet en a donné le ton.
Dans le mot « djeli », il y a toute une histoire : celle des griots, gardiens de la parole et de la mémoire mandingue. Djelykaba Bintou n'a jamais caché d'où elle vient. Avec cet album, elle porte cet héritage, et entre de plain-pied dans la pop africaine d'aujourd'hui. Le titre, Renaissance, en dit long sur ses ambitions.
Une ouverture en action de grâce... L'album s'ouvre sur « Alhamdoullah ». Commencer par un remerciement, c'est une manière très ouest-africaine de poser les choses : la gratitude d'abord, la conquête ensuite. Suivent « Invincible » puis, plus loin, « Intouchable ». Ces deux titres se répondent comme une résilience. Une artiste sûre de sa place, qui n'a plus rien à cirer mais tout à laisser couler.
Des featurings pensés à l'échelle de la sous-région... Le casting des invités révèle une vraie stratégie. Il y a d'abord Viviane Chidid sur « Je n'aime que toi » : la reine du mbalax sénégalais apporte son expérience et un pont naturel vers Dakar.
Mia Guisse, figure montante de la même scène, prête sa voix à « Unique ». Enfin, Sidiki Diabaté, héritier d'une des plus grandes dynasties de griots maliens, referme l'album sur « Ma vie ». Guinée, Sénégal, Mali : en trois collaborations, Djelykaba Bintou dessine la carte d'un public qui dépasse largement Conakry.
Le fait que « Ma vie » ait été dévoilé en single avant l'album confirme que le duo avec Sidiki était pensé comme une carte maîtresse.
Le reste de l'album alterne entre la déclaration d'amour (« Love nènè », « Coup de cœur », « Pepite »), l'hommage (« Maman ») et la tradition (« N'Kelenta », « Moussolou », « Goumin », « Teriya »). Mais le titre le plus fort sur le papier reste « Mariage forcé ». C'est aussi le plus long de l'album (3 min 53). En s'attaquant à un sujet encore sensible dans la région, la chanteuse renoue avec la fonction première du griot : dire ce que la société tait.
La patte Keyzit... On le sent dès la construction du disque : c'est une grosse production. Les morceaux sont calibrés entre 2 min 46 et 3 min 53, avec un format radio et streaming. Le séquençage alterne les ambiances, et les invités sont répartis intelligemment du début à la fin. Keyzit n'a pas lésiné sur les moyens pour faire de cet album un produit capable de s'exporter.
Renaissance ne renie rien de la tradition mandingue. Il lui offre simplement une vitrine moderne et panafricaine. Si la ferveur de la release party de Conakry se confirme en ligne, Djelykaba Bintou pourrait bien avoir signé l'album qui la fait passer de voix respectée de Guinée à tête d'affiche régionale.
Découvrez cet album sur plusieurs plateformes de téléchargement légal.
Par SITANEWS
Copyright © Sitanews. Tous droits réservés Sitanews