La 40e édition du Festival international Nuits d’Afrique de Montréal s’est terminée dimanche comme elle avait commencé, le 7 juillet dernier : en grand, honorant quatre décennies de musiques du monde à Montréal dans une atmosphère électrisante et chargée d’émotion. Du concert d’ouverture de la sublime diva malienne Oumou Sangaré au MTelus au spectacle de clôture de l’incontournable reggaeman ivoirien Tiken Jah Fakoly sur la grande scène TD du Parterre du Quartier des spectacles, cette édition anniversaire a tenu toutes ses promesses.
Les mots spontanés de Djely Tapa, en sortant de la grande scène TD dimanche soir, en disent long sur la fierté et le sentiment d’appartenance des artistes à la grande famille Nuits d’Afrique. « C’est pour vous qu’on est là aujourd’hui, pour rendre hommage à tout ce que vous nous avez apporté, pour vous soutenir comme vous nous soutenez ».
Car une fois de plus, Nuits d’Afrique a démontré que les traditions sont vivantes, décomplexées, engagées, innovantes, tournées vers l'avenir, mondiales et que, par bonheur, Montréal est au cœur de cette dynamique. Quarante ans après sa création, Nuits d'Afrique ne célèbre pas seulement son histoire ; il célèbre la vitalité d'un monde en mouvement.
Confirmant le rôle essentiel du Festival, véritable incarnation de la diversité, de l'ouverture et du vivre-ensemble qui font la richesse de Montréal, le public a répondu présent en grand nombre. Au fil des concerts, les festivaliers ont voyagé (beaucoup !). Ils ont vibré avec les légendes des musiques du monde, dansé au son des artistes émergents, vécu de belles émotions, partagé des moments forts et — SURTOUT — célébré la rencontre des cultures. Ils se sont rappelés avec joie les moments marquants des éditions passées tout en créant de nouveaux souvenirs qui laissent entrevoir un avenir à la hauteur de l’héritage des 40 dernières années. Parmi ces instants mémorables figure la chanson Unis par les Nuits, hymne au Festival composé par Meiway et entonné en chœur et avec ferveur par une multitude d'artistes d’ici et d’ailleurs, juste avant la grande finale.
De la même façon, de nombreux médias locaux et internationaux ont souligné l’importance historique du Festival et son impact social durable, attesté par sa longévité exceptionnelle. Des reportages et entrevues ont notamment été diffusés par TV5 Monde, Radio France internationale, France 24, Radio Nova, Radio-Canada, pour ne citer qu'eux, mettant en lumière la place unique qu’occupe Nuits d’Afrique dans le paysage culturel et saluant sa contribution à la mise en valeur des artistes d’Afrique, des Antilles et d’Amérique latine.
Une programmation d’envergure
Depuis sa création, Nuits d’Afrique a permis à beaucoup d’artistes internationaux de rencontrer le public montréalais, tout en contribuant à l’émergence d’artistes locaux. Ils sont nombreux à avoir répondu présents pour souffler ses 40 bougies, dont un bon nombre ayant une histoire de longue date et un attachement particulier à l’événement. Quelque 700 artistes issus d’une trentaine de pays ont ainsi animé ces 13 jours de fête.
Moment indélébile parmi tous, le spectacle exceptionnel réunissant Sia Tolno, Degg J, AK, Manamba Kanté et Soul Bang's, organisé par la République de Guinée en reconnaissance de la contribution de Lamine Touré, président-fondateur de Nuits d’Afrique et lui-même guinéen, à la promotion des cultures d’ascendance africaine. Le « baobab de nuit de Montréal » a reçu une ovation digne des plus grands. Comme leurs homologues guinéens, les Griots de Montréal, Djely Tapa en tête, ont chanté les louanges de Lamine Touré lors d’un concert à forte intensité au Club Balattou.
La magie a opéré. Les ambiances se sont succédées et les temps forts se sont multipliés dans les 6 salles de spectacle qui accueillaient le Festival. Absolument tous les artistes ont séduit le public, venu massivement.
Oumou Sangaré, « l’une des plus grandes voix contemporaines du continent africain », a « inauguré le festival avec fougue » (Le Devoir) au MTelus avant de recevoir, le lendemain, le prix Nuits d’Afrique pour la francophonie à l’Hôtel de ville de Montréal, avec la présence de la Mairesse Soraya Martinez Ferrada.
Le rock vaudou des Béninois de BIM, avec ses cloches, ses claps et sa guitare électro, a envoûté le Théâtre Fairmount. Comme à son habitude, la Nuit de la kora, cette année avec Yamoussa Bangoura et Senny Camara, a enchanté les mélomanes du Gésu, les amenant à la découverte de l’âme de l’Afrique de l’Ouest. Et que dire de la finesse, de la fluidité et de la puissance du duo réunissant Kiya Tabassian (sétâr) et Ablaye Cissoko (kora), également présentés au Gésu. Un moment suspendu, qui faisait du bien.
Le public, qui a rempli le National, a pris la pleine mesure du talent de l’engagé et spontané chanteur de chaâbi, Labess, devenu une vedette internationale après avoir fait ses débuts à Nuits d’Afrique, il y a deux décennies.
Les festivaliers ont pris plaisir à retrouver le rieur et doux poète guyannais Chris Combette, au Club Balattou. Wesli, que le Festival a vu grandir ces 25 dernières années, et Tonton Idriss, devenu le tonton de la famille Nuits d’Afrique, ont dignement rempli leurs rôles d’ambassadeurs en proposant des concerts de haute qualité dans le cadre de la série « Les Étoiles », dont le concept, axé sur les rencontres, incarne l’esprit de l’événement.
Pour cette 40e édition, le Festival a agrandi le territoire du Village des Nuits d’Afrique, au Quartier des spectacles, en occupant pour la première fois la rue Sainte-Catherine, en plus du Parterre du Quartier des spectacles et de l’Esplanade Tranquille. L’espace était parfaitement aménagé pour donner envie aux passants de découvrir plus en avant l’événement.
Chaque jour, du 14 au 19 juillet, cette portion gratuite de l’événement a fait le plein de visiteurs. Quoi de plus réjouissant que de voir ce public métissé et familial vivre au rythme du Festival, prendre le temps de savourer un plat typique sur la Promenade des saveurs, découvrir les petites merveilles des artisans du Marché Tombouctou ou assister à une prestation de danse ou de musique au Cabaret des Nuits d’Afrique ? Que de voir les plus jeunes courir d’une activité à l’autre au Village des enfants Radio-Canada, un grand sourire aux lèvres, maquillés en lion ou en papillon, s’émerveiller devant les déambulations des acrobates de rue de Kalabanté ou les sublimes projections lumineuses colorées qui, à la nuit tombée, animaient les façades des immeubles environnants de l’histoire de l’événement ? Que de voir tout ce beau monde se rassembler dans la bonne humeur devant les scènes dès les premières notes de chaque spectacle ? Le Village des Nuits d’Afrique, ce n’est pas compliqué, c’est une véritable fête pour les sens !
L’équipe du Festival est fière d’avoir offert au public une programmation extérieure gratuite ambitieuse et diversifiée. Des spectacles inoubliables ont pris place sur la Grande scène TD et sur la scène Loto-Québec.
En fin de soirée, les Grands événements TD ont littéralement soulevé la foule. Afrique en Cirque par Kalabanté a ouvert le bal avec une prestation circassienne inédite impressionnante, haute en couleur, en tambours et en acrobaties, répondant avec brio à la demande de Lamine Touré, toujours proche des artistes, de livrer un show véritablement spectaculaire. Au son de Systema Solar, la communauté colombienne a transformé le Parterre en immense piste de danse. Le propos de Fulu Miziki, engagé jusqu’au bout de ses costumes pour la protection de l’environnement, a résonné fort auprès du public. Admiral T, bien connu des amateurs de reggae-dancehall depuis 3 décennies, était très attendu du public qui en a pleinement profité. L’artiste en a profité pour prendre un bain de foule, pour le plus grand plaisir de tous ! Les légendes de Tabou Combo, fidèles à eux-mêmes, ont fait oublier la pluie de l’après-midi avec leur kompa incandescent, faisant chanter en chœur le public. Et pour terminer en apothéose, Tiken Jah Fakoly s’est amené sur scène avec toute l’aura qu’on lui reconnaît, sa verve, ses musiciens exceptionnels et son attachement sincère depuis 25 ans à Nuits d’Afrique pour un set qu’on n’oubliera pas de sitôt.
Sur la scène Loto-Québec, sur l’Esplanade Tranquille, on retiendra, entre autres, la forte présence d’artistes féminines fières de leurs racines, porteuses de leurs cultures et d’un engagement pleinement assumé, que Nuits d’Afrique n’a eu de cesse de mettre de l’avant : Suraras Do Tapajós, Sahra Halgan, Somos Más, Joyce N’Sana ou Elida Almeida en font partie.
Quel plaisir aussi de retrouver ces « vieux de la vieille » : Élage Diouf avec les Frères Sissokho, Taafé Fanga, Kizaba, Aboulaye Koné, Lorraine Klaasen ou Diblo Dibala, qui n’ont rien perdu de leur énergie ni de leur talent ! Tout aussi réjouissant de voir de jeunes artistes émerger, comme Kanazoé Orkestra, en grande première à Montréal, ou Zalam Kao, lauréat des Syli d’or 2026.
On ne peut lister tout ce qui nous (vous) a fait vibrer mais, vraiment, ces 40 ans de Nuits d’Afrique, construits avec passion, ont incarné tout ce que leur créateur, qu’on surnomme Petit Touré mais qui a tout d’un grand, avait imaginé dès le début : un événement qui célèbre avec humanité la rencontre des cultures, les artistes d’ici et d’ailleurs, la musique partagée, la danse fédératrice… l’esprit de « fête au village ». On a déjà hâte de se retrouver pour la 41e édition, du 6 au 18 juillet 2027.
Remerciements
Sans ses partenaires, qui croient profondément à sa mission, le Festival international Nuits d’Afrique de Montréal ne pourrait pleinement être cet événement emblématique de Montréal. Aussi, toute l’équipe tient chaleureusement à les remercier.
Article à SITANEWS par la cellule de communication - Nuits d'Afrique
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