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L’histoire retient que Djanii Alfa a pris le rap guinéen là où les Mc’s du pays l’auraient laissé, et c’était au début des années 2010 qui fut la grande « période d’étiage » du double H 224. Chose qui a donné naissance à de nombreux courants musicaux urbains à travers tout le territoire : le dancehall, le reggae. Puisque le R.a.p lui, était presque mort.

Devons-nous alors reconnaître ce mérite à Djanii, le rappeur de l’axe (Hamdallaye – Enco 5), une bretelle chaude, perçue comme la ligne rouge de la capitale Conakry, où les guinéens sont plus tués dans les manifestations politiques ?

Par ailleurs, méconnu du grand public de 2000 à 2011, Djanii Alfa débarque en 2012 avec à la main, G4life Musik, l’album rap pur et dur de tous les succès à Conakry. Cela, après le grand vent de la première et la deuxième vague du mouvement hip hop de Guinée.

Djanii est accueilli à bras ouvert dans l’optique de sauver le rap guinéen qui était agonisé et sous perfusion. Habitué à du rap franc, la jeunesse guinéenne était dans le besoin. Djanii est alors arrivé dans les meilleures conditions et au moment opportun. Du coup, il enclencha la vitesse supérieure et cassa littéralement la baraque avec une écriture mature et grisante. C’est de cette manière, il a désengagé le pronostic vital du rap guinéen et créé autour de lui un engouement inédit avec pour slogan : « LES AUTRES NE FONT PAS DU RAP ».

L’album Rêve d’Afrik révélé en 2015, fut la suite logique d’une réelle consécration. Il aura fallu à Djanii 18 titres pour confirmer à nouveau son statut d’éminent lyriciste de sa génération. Les chansons comme « Mon pays », « L’homme du Peuple », « Couleur Afrik », « Dans mon Rêve » et autres ont collé à ce disque évocateur et très caustique, une étiquette de rédemption du rap guinéen.

L’on sait une chose. Djanii a hérité d’un rap en souffrance et en carence d’émancipation véritable en 2010. Conscient de cette réalité, il s’est donné comme mission de changer la donne. De single en single, Djanii fonda graduellement sa réputation.

Par la pertinence de sa plume et son audace artistique avérée, le jeune rappeur s’est taillé délibérément une place de choix au plus haut sommet du Game made in Guinea. Il a marqué le rap au fer rouge, sa musique parle à un large public, à une jeunesse assoiffée d’un véritable cadre d’insertion sociale. En vendetta avec le pouvoir Alpha, voilà la démarche astucieuse qu’a utilisée Alfa pour s’imposer au mât. Sa musique s’est considérablement vue catapultée au devant de la scène. Son travail et son combat se sont rapidement vus récompenser  : Meilleure révélation de l’événement Espace Sur Scène (2011); Ambassadeur de la lutte contre le VIH/SIDA (2011). A cela s’ajoutent ses prix de Meilleur rappeur en 2012 (events : K7 D’Or) et Meilleur rappeur 2018 (Prix Guinée Hit Musik).

Dans son plan, Djanii érige son empire « G4life  Musik ». Dans cette firme musicale à Conakry, il installe une administration forte, il produit des jeunes artistes et pistonne les talents brutes. Aussi, il y soigne lui même sa musique et sa carrière.

Au regard de toute cette prouesse, l’on peut stipuler que c’est une véritable odyssée artistique qui en valait la peine, connaissant l’histoire du rap guinéen qui a connu de belles années de gloire, mais aussi des couloirs sombres avec ses corollaires.

En octobre 2018, Djanii a invité son public sur l’esplanade du Palais du Peuple de Conakry pour déballer Sicario Schizophrénie, un double album de haut vol. Ce show a connu du monde et Djanii Jordan en a profité pour mettre le feu aux poudres. A travers ce concert, Le Boss de G4life s’est inscrit en lettres d’or dans l’histoire du rap guinéen. De passage, nous lui tirons le chapeau pour son titre féérique 40° Oklm. Le lien : https://www.youtube.com/watch?v=y7v-3bIu3W4

Djanii ne s’est pas arrêté là. Pour garder le cap et maintenir le lien avec ses fans et followers, il enchaîne avec des singles qui sonnent de glas d’un régime anti-constitutionnel en Guinée. Ce jeune rappeur dit souvent des choses qui ne plaisent pas aux autorités de Conakry. Mais malgré, il continue d’appuyer sur la gâchette, cracher des glaires dans la soupe et mettre les pieds dans le plat du pouvoir Alpha Condé et ses sbires.

Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Considéré comme un « éternel incompris » et une « menace » pour le régime actuel guinéen,  Djanii est souvent taxé de « rappeur de l’opposition politique ». Alors que lui, il se réclame défenseur d’un peuple opprimé et exténué d’un pouvoir dont ses forces de l’ordre massacrent les pauvres populations sans que justice ne soit rendue. Dans le titre « article 21 », Djanii en dit long et scande haut et fort la misère du peuple guinéen. Cette chanson qui lui a d’ailleurs causé de gros ennuis. Mais malgré les scènes d’intimidation dont-il serait victime et sa famille en Guinée, Djanii resterait droit dans ses bottes et continue de défendre sa position. Le lien : https://www.youtube.com/watch?v=NxCVZt4Z2iQ

Djanii est aux aguets et s’apprête à nous débâcher son prochain album Chef Rebelle. Mais en avant-coureur, il alerte et stimule les esprits avec des extraits. « Arafat » puis « Bismilahi » balisent le chemin. Faut-il toujours compter sur Djanii Alfa pour booster le rap guinéen ?

Découvrez ici son dernier clip, il imprime la maturité  v=1n6xgIeQZ1U

Par SITA


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