Djanii ALFA/PHOTO DR
27 February, 2026

Djanii ALFA | L’arrière-goût d’une « réb€llion » assumée

 

Il fut un temps où son nom sonnait le glas d’une société «maudite». Djanii Alfa, «Chef Rebel», enfant de Koundara et voix du bitume, incarnait cette part d’insoumission qui palpite de bout en bout dans les rues de Conakry.

 

Ses couplets, tranchants comme des rasoirs, avaient le goût d’une vérité que beaucoup taisaient: celle d’une jeunesse guinéenne en colère, en quête de souffle et éprise d’une justice à la hauteur de ses sacrifices. Mais voilà que le vent de l’exil souffle aujourd’hui sur cette flamme. Un engagement qui laisse derrière lui un arrière-goût amer — oui, celui d’une carrière sacrifiée au nom de ses convictions.

 

Être rebelle chez soi et l’être en exil sont deux réalités d’une gravité différente. En Guinée, Djanii Alfa tenait la scène comme un tribun. Des stades et esplanades de Conakry au Bataclan de Pais, il parlait pour tous ceux à qui l’on avait ôté la voix. Hors du pays, cette diatribe se heurte au parapet du silence, aux distances culturelles et parfois à l’indifférence. L’exil impose la solitude à celui qui avait fait de la foule son écho.

 

Pourtant, même loin, le «Chef Rebel» mène sa lutte. Son éloignement rappelle à quel point la parole libre reste précaire sous certains cieux. Un artiste peut s’exiler sans renier son combat, mais à quel prix ?

 

L’histoire montre que les révoltes les plus puissantes trouvent souvent refuge dans la distance: exilés, bannis, proscrits — ils nourrissent leurs luttes ailleurs, avant de revenir, un jour, en héros.

 

Mais chez Djanii Alfa, on perçoit surtout le poids du manque: celui du public, de ce lien brut avec la rue, de cette énergie qu’aucune tournée à l’étranger ne remplace. Sa rébellion sonne juste pour certains et partielle pour d’autres, mais elle résonne désormais depuis l’extérieur, frappée d’un parfum de nostalgie, et peut-être de remords. Un arrière-goût, oui — celui d’un combat qui continue, mais dont la carrière artistique semble désormais terne, comme un pétard mouillé.

 

Par Sita

SITANEWS

 

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