La vie est une série de rencontres, de découvertes et de détachements de sa zone de confort. Un effort polyforme. Parfois brutal, par moment doux et souvent utopique. Mais ce cocktail donne du sens à la vie. C’est pourquoi depuis des années, certains décident de se libérer de ces chaînes pour écouter une chose qui vaille mieux que tout : le cœur.
Enquête parue pour la première fois le 01/03/2022

Cet article, loin d’une déclaration d’amour, ou d’une incitation à la révolte, est le récit de jeunes gens qui voulaient croquer l’amour à pleine dent mais à qui la société a rappelé ses réalités. Obéir et se taire. Écouter et faire. Baisser la tête pour plaire ou se battre contre vents et marées, se battre contre Goliath.
Certains se conforment à ces règles, d’autres les outrepassent. Ici, je vais vous emmener découvrir avec moi et dans mes secrets, des cris de cœur et des joies immenses. Tenez bon ! la vie n’est pas toujours rose, l’amour non plus.
Dans les balades numériques nocturnes, il nous arrive de rencontrer des gens qui ont envie de parler pour se libérer d’un fardeau qui les rongent. Elle s’appelle MK, permettez-moi d’utiliser ce sigle car dire son nom serait la “mettre en mal avec sa famille”. En couple avec Yannick depuis 6 ans, tout se passait bien entre les deux tourtereaux. Préoccupés par l’amour, le vrai, “nous enchaînons des vacances à deux et construisons nos souvenirs ensemble”. Puis vint le moment de concrétiser le périple des amoureux par l’anneau du meilleur et du pire : le mariage.
Loin de ses attentes, MK fit face à une farouche résistance familiale qui allait jusqu’à la “renier” pour “incompatibilité religieuse”. Dans ce contexte morose et décevant, elle décide de trouver refuge dans les bras de Yannick, son amoureux. Un refuge moins rassurant car ce dernier vient d’apprendre aussi de la part de sa maman que sa “différence religieuse ne peut pas bénéficier de sa bénédiction”.
La suite ? Cette aventure prit fin là. Un mariage sans bénédiction parentale n’est que risque à courir dit la société.
Une histoire d’honneur familial
Si l’honneur est souvent utilisé dans l’armée, il faut savoir qu’elle n’en a pas le monopole. Dans certaines familles, comme celle-ci, le bonheur personnel est une chose, l’honneur familial en est une autre. Souffrant d’une maladie rare, nous avons dû écouter avec pincement de cœur le récit de Jeanne, la trentaine. Originaire d’Afrique, le médecin lui a récemment annoncé qu’elle n’avait plus que 2 ans pour “une procréation certaine et sans risque”. Ce n’est pas parce qu’elle ne veut pas enfanter, non, loin de là. Son seul problème c’est de trouver l’amour dans “le camp adverse” si adversité il y a entre religions monothéistes. Malgré l’urgence et le risque de ne pas pouvoir enfanter dans les deux prochaines années, sa famille insiste sur le fait que l’homme qu’elle doit épouser devra nécessairement être de la même confession religieuse, sinon ce serait une “atteinte à l’honneur de la famille”. Ce n’est pas défaut d’avoir tenté, c’est juste qu’elle n’a pas trouvé son âme sœur dans son camp. Elle n’a plus que moins de deux ans à présent. Dépassé, toute procréation sera un risque de vie pour elle.
Rejetés parce que qu’ils n’ont pas la bonne couleur
Si ce n’est pas la religion, c’est parfois la couleur. Certains apprennent à leurs dépens qu’ils n’ont pas la même couleur. C’est violent de le dire, mais faut-il se taire ? Non, car Absa étudiante noire et sénégalaise, en rencontrant Daniel, blanc et allemand, se pensait juste humaine comme tout le monde. Lors du premier dîner familial, les regards moqueurs et sourires narquois parfois même des paroles comme “nous ne voulons pas de petits Noirs dans notre famille”. Ces mots sont pour certains le début d’une longue descente en enfer comme le cas d’Absa qui a sombré dans la dépression. Malgré les efforts de Daniel, Absa n’a plus la force de continuer l’aventure.
Si on pense souvent que le sens inverse est très facile, l’aventure de Jacques, 28 ans et originaire des Vosges, est tout autre. Arrivé en Afrique de l’ouest dans le cadre d’une mission de travail, sa vocation s’est transformée en histoire de cœur. “Pour une perle comme Aïcha, ça en valait le coup” nous dit-il. Deux années s’étaient écoulées avant que Jacques ne se présente dans la famille de sa chérie. Il s’attendait moins à ce qu’on lui refuse la main d’Aïcha à cause dit-il d’une “différence de culture qui se matérialise par la couleur même de la peau”. Déçu, il plonge dans l’alcool pour encaisser et passer le temps, passer à autre chose, peut-être une autre vie…
Ces récits sont le fruit de plusieurs mois d’enquête, d’écoute et d’attention. Derrière chaque chair humaine se cache parfois une histoire, une réalité, un vécu. L’amour, c’est la preuve de la bienveillance de l’humanité. Donner forme à ces récits permet de frayer un chemin, celui du cœur et du bien-être personnel.
Lucien BLEMOU pour ©Sitanews
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