Cover : Album "Wanaraba"
29 August, 2026

Que reste-t-il de Royal Sanké, ce brillant groupe de reggae fauché en plein élan ?

 

Et si le plus jeune groupe de l'histoire du reggae guinéen n'avait jamais eu la carrière qu'il méritait ? Ce groupe de reggae guinéen qui n'aurait jamais dû s'arrêter...

 

Porté par un art tamisé et une identité guinéenne reconnaissable de bout en bout, ce quatuor, Royal Sanké, a fulguré en quelque temps seulement — avant de voir son destin prendre une gifle en plein élan, du fait de départs délibérés.

 

Royal Sanké naît à Conakry de la rencontre de quatre jeunes talents : Selecta, Black'os, The Lock's et Mano Sanké. Au-delà de la musique, ces jeunes partageaient une vision commune : porter haut les valeurs d'amitié. Leur signature ? Chanter dans les dialectes guinéens, faisant de chaque morceau un manifeste de la mosaïque culturelle et religieuse guinéenne.

 

Musicalement, le groupe frappe fort avec une sonorité résolument hybride. Leur talent ne tarde pas à attirer l'œil (et l'oreille) de Lyricson, qui les prend sous l'aile de son label Royal Music.

 

« Wonaraba » : l'entrée fracassante... Le 11 mai 2017, Royal Sanké sort à Conakry son tout premier album, Wonaraba : douze titres, un seul objectif — imposer le reggae guinéen sur la scène musicale africaine. Le disque conquiert d'abord la scène locale avant de transcender les frontières, propulsé par les hits « Wonaraba » et « Music ».

 

La critique ne tarit pas d'éloges. En 2018, l'album décroche une nomination aux Victoires du Reggae dans la catégorie « Album Reggae africain », avant d'être sacré meilleur album africain de l'année par le site de référence reggae.fr — une consécration rarissime pour un tout jeune groupe venu d'Afrique subsaharienne. Dopé par ce succès, le quatuor s'élance dans une mini-tournée en Afrique de l'Ouest, avec un passage remarqué en Côte d'Ivoire.

 

Premier craquement : le départ de The Lock's

 

Alors que le groupe planche déjà sur son deuxième opus, une première faille apparaît. En avril 2020, Mohamed Thiam rend son tablier, bien décidé à se lancer en solo. Selecta, leader du groupe, tient à couper court aux rumeurs : pas de dispute, pas de clash — juste une décision qui a pris tout le monde de court. Le trio rescapé, Black'os, Mano et Selecta, jure alors de tenir la barque sans leur frère.

 

Mais la résistance ne dure pas. Royal Sanké finit par imploser, emportant avec lui le second projet d'album tant espéré et refermant le chapitre de l'une des formations les plus brillantes de l'histoire du reggae guinéen.

 

Une fin d'autant plus amère que Royal Sanké incarnait, comme peu d'autres, l'âme plurielle de la Guinée réunie dans une même musique. À la manière d'un Morgan Heritage à l'échelle internationale, le groupe avait su forger un reggae à la guinéenne.

 

Même interrompue net, l'histoire de Royal Sanké continue de résonner parmi les grands noms du reggae guinéen contemporain, aux côtés de Lyricson, Takana Zion, Abdul Jabbar, Elie Kamano ou le trio Baobab. Wonaraba reste aujourd'hui une pierre angulaire de la discographie reggae du pays — la preuve éclatante qu'un groupe, même éphémère, peut laisser une empreinte durable dans l'histoire musicale d'une nation.

 

Par SITANEWS

 

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