Enfin, il brise le silence chez nous ! Oui, Al Souaré a accepté de nous parler en toute sincérité sur son transfert du groupe Hadafo Média à Djoma Média. Sans ambages, le jeune animateur et journaliste culturel guinéen s’est exprimé avec aisance au micro de SITANEWS© à Conakry. Lisez !
Salut Al ! En forme ? (Rire). Et comment tu te sens à Djoma Média ?
Al Souaré : « Salut Sita ! Je vais bien à Djoma et nous avons une équipe très dévouée et passionnée. »
Al Souaré dans le studio de Djoma avec ses collègues
Penses-tu que c’est le moment pour toi de quitter l’effectif du groupe Hadafo ?
Al Souaré : « Dans la vie d’un homme, certaines décisions et choix s’imposent à nous, et certaines réalités que vous seul vous cernez, et qui vous poussent à la décision. »
Cette prise de décision n’a-t-elle pas été stressante pour toi ?
Al Souaré : « Quand on est resté 8 ans quelque part, oui, c’est stressant. Mais au bout du compte, on part la tête haute pour avoir accompli de belles choses, et c’est cela qu’il faut garder en mémoire. HADAFO, c’est une famille et n’en déplaise à qui veut l’entendre. »
As-tu pensé à ta défunte femme (Kadi Moss, Paix à son âme) en prenant cette décision ?
Al Souaré : « Ça n’a aucun rapport avec ma défunte femme. J’ai eu des discussions avec elle de son vivant et je lui disais toujours en la taquinant : « moi je vais te laisser hein ! Je vais créer mon Média,… je vais aller dans un autre pays, exercer mon métier ». Car, elle me savait rêveur et friand de défis. Alors, laissons-la reposer en paix à présent. »
Après plusieurs semaines de travail à Djoma Média, ne regrettes-tu pas d’avoir démissionné à Hadafo ? Espace ne te manque pas déjà ?
Al Souaré : « Aucun regret, décision mûrie et assumée avec ses avantages et ses inconvénients. Et un homme c’est cela.
Espace est une famille. L’esprit espacien sera toujours en moi. J’ai quitté un média pour être à Espace. C’est pareil pour d’autres collègues là-bas. C’est cosmopolite en son sein, on s’y attache, on crée des liens et ça me manquera toujours. Mais aujourd’hui, mon regard est tourné  ailleurs. »
Quels souvenirs gardes-tu de ton ancien patron, Lamine Guirassy et les travailleurs du groupe Hadafo ?
Al Souaré et Lamine Guirassy, le PDG du groupe Hadafo à droite sur la photo
Lamine en Guinée, c’est une institution. C’est plus qu’un chef de l’Etat. Ma décision a été prise depuis début Juin passé. Concernant mon départ, on en a parlé, lui et moi, comme de grandes personnes. Il m’a accordé ses bénédictions, j’ai continué à travailler. Le message qui a suivi c’était : « Al, il faut qu’on redémarre Le Lève-tôt lundi ». J’ai répondu : « oui Boss ». Et après, on a foncé. Puisque cette émission (Le Lève-tôt NDLR) était en pause pour cause de pandémie (Coronavirus). Mais tous deux, nous savions que je ne n’allais pas reprendre la saison prochaine.
Le travail, le travail, c’est ce qui définit Lamine Guirassy. Que les uns et les autres ne versent pas dans des débats et dans les comparaisons inutiles. J’ai de très bons liens avec tout le monde sans exception.
Al Souaré aurait passé de beaux moments à Espace (Hadafo Média)
Je ne suis pas sorti en clandestin à Espace, encore moins, comme un voleur. J’ai donné de mes années et de mon moi à cette boîte, autant elle m’en a donné. C’est la vie, c’est comme ça. »
Nombreux voient autrement ton transfert à Djoma. Pour certains, tu ne devais pas le faire. Que répondras-tu à ses spéculations ?
Al Souaré : « Ils sont libres de leurs analyses. La vie d’une personne publique comme le dirait l’autre : « est un sujet de distraction pour certains ».
Mais, chacun est face à son destin et personne ne choisit pour vous. Je respecte leur avis. Ceci est dicté par leur amour pour HADAFO. Mais qu’ils sachent que je ne suis qu’un grain de sable dans l’empire HADAFO et personne ne conteste ce que HADAFO est, et sera, pour la Guinée. C’est juste des débats des passionnés sur les réseaux sociaux.
On ne compare pas quelqu’un qui a 13 ans d’expérience et un autre qui cherche déjà à se faire connaître, avant même  de parler de grandir. »
A présent, changeons de cap. L’État guinéen a accordé une subvention de 2 milliards et une Assurance Maladie aux acteurs culturels du pays. En tant qu’entrepreneur dans le secteur du show-biz, quelle est ta lecture ?
Al Souaré : « C’est un grand pas, déjà que la culture dans la politique générale du gouvernement n’est pas assez prise en compte. Penser aux acteurs culturels ne serait ce qu’en cette période où l’année 2020 est une grosse année de pertes. Ceci est à saluer, à encourager et à pousser les politiques à avoir un regard beaucoup plus sérieux sur le secteur culturel.
Car nous sommes aussi pourvoyeurs d’emplois et nous contribuons au développement du pays à notre façon. A nous aussi de nous fédérer pour être pris avec beaucoup plus de sérieux ».
2020 est une année « morte » à cause du Covid-19. Quelles sont les perspectives de ton agence « Nord Sud Communication » à l’après Covid.
Al Souaré : « Les perspectives, c’est relancer la machine, renouer avec la dynamique qui est la nôtre.  On ne change pas notre façon de faire et notre fusil d’épaule. Mais on regarde et on attend que les choses reprennent leur cours normal ».
Pour finir, veux-tu parler d’un sujet qui te tient vraiment à cœur ?
Al Souaré : « Oui forcément ! D’abord, c’est de présenter mes condoléances à toutes les personnes ayant perdu un proche dans cette douloureuse pandémie.
Ensuite, dire que la Guinée nous appartient tous. Travaillons à sa beauté, il y a de la place pour tout le monde, créons les conditions de notre émergence dans la diversité et dans une adversité positive avec un seul but : redorer l’image du pays quel que soit le secteur  d’activité dans lequel vous vous trouvez.
Prônons la paix, l’amour du prochain, et mettons toujours la préservation de la mère patrie au devant de tout ce que nous entreprenons.
Merci et bonne chance à toi aussi pour ton site qui arrive en force et fait déjà de belles choses.
Que Dieu bénisse tous les guinéens et guinéennes ! »
Par Sita CAMARA
SITANEWS©
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