Concert événement s'est tenu dimanche 19 avril 2026 à Strasbourg pour la sortie du nouvel album "LISTWA", Manzel Loomaa.
Reportage Rita Stirn pour Sitanews
Le public fidèle est au rendez-vous pour découvrir les titres de l’album LISTWA et pour revoir Manzel Loomaa, chanteuse guadeloupéenne native de Strasbourg, accompagnée de ses musiciens très impliqués dans la scène musicale antillaise strasbourgeoise.
Une ambiance chaleureuse s’installe dès le début du concert de Manzel Loomaa, dans un climat de sororité avec la présence de ses amies chanteuses : Menoosha pour la présenter en chanson et Laeti pour l’accompagner dans un duo. Manzel Loomaa est clairement en famille avec ses musiciens, notamment Michel Latour, dont le nom de scène est Djokla. Il est compositeur en binôme avec la chanteuse, directeur artistique, producteur et arrangeur de tous les morceaux qu’elle interprète. Djokla est également connu comme musicien professionnel et directeur musical du collectif antillais Tropic Groov.
« Je vois ma musique comme un appel à la rencontre, un pont entre les gens. Une manière de dire que nos histoires, même différentes, se rejoignent et se portent les unes les autres », dit Manzel Loomaa en introduction de son album LISTWA - l’Histoire.
Sur scène, en ce dimanche de lancement, elle chante en créole ses dernières compositions, dont les titres évoquent des thématiques et des émotions universelles. À commencer par l’amour dans Ansann - Aimer sans chaînes, suivi de Padoné mwen - Aimer, c’est aussi pardonner ; l’amour des enfants dans Zétwal - Mes enfants, mes étoiles, une chanson inspirée des paroles prononcées par sa fille : « Tu es la maman que j’avais choisie », comme une étoile choisie dans le firmament.
Elle enchaîne avec Fanm - Femme, tu es belle, une chanson désormais célèbre depuis la parution du single et du clip marquant sa participation à la Journée internationale de la femme ; il marque l’engagement de Manzel Loomaa comme artiste, comme elle le souligne dans la composition Annou alé douvan – La musique pour aller de l’avant. Suivent des morceaux à caractère philosophique et spirituel comme Lavi – Rester debout face à la vie, Manman Libèté – Ne pleure pas, Mère Liberté, et Lévé - Comme le roseau qui plie mais ne casse pas. En faisant allusion à l’actualité des guerres et des oppressions, Manzel Loomaa s’adresse au public pour lui dire : « Il faut rester vigilant, il faut se battre pour notre liberté ». Puis elle interprète a cappella le morceau intitulé Listwa – Leurs histoires sont aussi mon histoire ; sa voix transmet à la fois force et émotion dans une sobriété épurée.
VIDÉO UTILE >> https://youtu.be/mywSORMMank
La transmission de la culture guadeloupéenne, chère à ses parents qui ont fait vivre les traditions de la Guadeloupe en Alsace, reste une priorité artistique pour Manzel Loomaa, qui nous fait connaître le gwoka, genre musical inscrit au patrimoine culturel de l’UNESCO.
Née en Guadeloupe de la révolte contre l’esclavage, cette musique s’exprime par les tambours ka, instruments en bois recouverts de peau de cabri, qui servaient de moyen de communication entre les esclaves parlant différentes langues africaines, et de symbole de la conquête de la liberté.
Manzel Loomaa évoque les sept rythmes traditionnels du gwoka : le toumblak festif, le kaladja et le woulé dans les chansons d’amour, le padjanbel pour la satire, le léwoz où le tambour soliste (makè) dialogue avec des danseurs, le graj pour les chants de travail et le menndé pour les chants guerriers.
Elle intègre certains de ces rythmes dans ses compositions, mais aussi le compas haïtien, pour une musique dansante même lorsque les sujets abordés sont empreints de gravité. « J’aime partager de bonnes énergies avec le public », dit Manzel Loomaa, qui apprécie de partager la scène avec d’autres artistes, d’échanger avec son public, de le faire participer et danser.
Cet esprit de partage se reflète dans sa complicité sur scène avec ses musiciens et sa percussionniste : Michel Latour - Djokla aux percussions et au chant, Sylvain Ratovondrahety au piano, Denis Maire à la basse, Lionel Galonnier à la batterie, Aurélie Agasson au tambour et au chant.
Pour évoquer son positionnement dans l’industrie musicale, Manzel Loomaa déplore le manque de soutien aux artistes émergents, mais elle remercie l’association Made in Paradiz, qui est à ses côtés depuis cinq ans pour un soutien logistique, une bénédiction pour une artiste en autoproduction, dit Manzel Loomaa, qui continue d’exercer son métier d’infirmière. Gageons que la sortie de l’album LISTWA servira de tremplin à Manzel Loomaa pour conquérir d’autres publics et découvrir le continent africain comme un retour aux sources de l’Histoire.
À écouter :
FANM, single / EP Simé Lamou, disponibles sur les plateformes
LISTWA, Manzel Loomaa, CD paru en 2026 avec les paroles en créole et leur traduction
Liens utiles :
www.manzel-loomaa.com
Vidéos gwoka padjanbel sur YouTube
Pour la puissance de sa voix : Manzel Loomaa, Bèl ti flè, accompagnée au piano par Djokla
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