Pour sa 7e édition, le Quotient Intellectuel et Talent Artistique d'Abidjan (QITAA), qui voit les choses en grand, ouvre ses portes à la Guinée, invitée d'honneur de cette année, ainsi qu'aux élèves du secondaire. Entre innovations majeures et programmation prometteuse, cet événement s'impose comme le rendez-vous incontournable de la jeunesse estudiantine africaine. Dans cet entretien, le commissaire général du QITAA, M. Ibrahim Fama Diabaté, passe à notre micro pour nous dévoiler les coulisses, le format et toutes les surprises de cette édition 7, qui se tiendra du 28 au 30 mai 2026 au Palais de la Culture d'Abidjan.
Interview réalisée par Mory Touré
Temps de lecture : 5 minutes
MORY : Monsieur Ibrahima Fama Diabaté, nous sommes à quelques encablures du QITAA (Quotient Intellectuel et Talent Artistique d'Abidjan) 2026. Cet événement est devenu un rendez-vous majeur, tant pour sa dimension festive que pour sa portée éducative et socio-culturelle. À l'aube de ce QIITA 7, quels sont vos sentiments ?
FAMA : « C'est avec un réel sentiment de joie et de fierté que je m'exprime aujourd'hui. Le QITAA (Quotient Intellectuel et Talent Artistique d'Abidjan) s'apprête à vivre sa 7e édition. D'année en année, nous gravissons les échelons et grandissons aux côtés d'une jeunesse prometteuse. Notre mission repose sur quatre piliers fondamentaux : l'éducation, la culture, le leadership et l'entrepreneuriat. À l'ère du numérique, il est indispensable de s'adapter aux nouvelles technologies et à l'intelligence artificielle. Cependant, le plus important reste de savoir d'où l'on vient : la culture est notre socle. Mon ambition, en tant que promoteur, est de valoriser la Côte d'Ivoire et, au-delà, l'Afrique entière. Nous offrons à ces élèves et étudiants l'opportunité de s'approprier leur patrimoine culturel avec fierté, tout en développant leur leadership. »
MORY : Parmi vos initiatives innovantes, il y a ce programme d'immersion qui tranche avec les vacances traditionnelles. Vous emmenez ces jeunes citadins à la découverte de leurs racines, dans les villages. En quoi cette démarche est-elle essentielle dans l'évolution du QITAA ?
FAMA : « L'immersion est devenue un axe vital du QITAA. Envoyer des élèves et étudiants citadins en milieu rural répond à un double objectif : inverser la dynamique classique de l'exode rural et favoriser l'intégration culturelle. La Côte d'Ivoire étant forte d'une mosaïque de plus de 60 ethnies, cette expérience permet aux jeunes de découvrir des traditions et des modes de vie différents des leurs. Sur place, ce séjour culturel et citoyen se traduit par l'apprentissage du savoir-faire local, de la gastronomie traditionnelle, ainsi que des valeurs de savoir-vivre et de savoir-être. Ce programme repose sur un échange mutuel de solidarité et d'affection avec les populations locales. En s'appropriant ce patrimoine immatériel, la jeunesse renforce son identité et acquiert des repères essentiels pour son avenir. Ce sont toutes ces expériences vécues en région qui sont ensuite restituées et mises en scène lors des grandes activités du QITAA au Palais de la Culture. »

MORY : L'université est le dernier palier avant l'insertion sociale. Depuis quelques années, on constate l'implication de diverses universités. Cette année, la grande nouveauté est que le succès du QITAA résonne au-delà de nos frontières, notamment en Guinée. Comment s'est opéré ce rapprochement ?
FAMA : « Le rapprochement avec la Guinée s'est fait très naturellement. C'est un pays frère dont les universités suivent et apprécient nos initiatives depuis longtemps. Lors de mon récent déplacement à Conakry, j'ai rencontré l'équipe de l'Université Française de Guinée, une institution remarquable qui partage pleinement notre vision. Pour nous, l'éducation ne doit pas être uniquement livresque ou théorique ; elle doit intégrer le leadership et la culture. Comme ils partagent cette philosophie, nous les avons invités à cette édition pour qu'ils découvrent nos formats et, surtout, qu'ils mettent en avant la richesse de la culture guinéenne. J'en profite pour saluer chaleureusement M. Florent, un Guinéen dans l'âme, qui accompagne ses étudiants dans cette belle aventure d'immersion en Côte d'Ivoire. »
MORY : Chaque année, vous apportez des innovations pour rendre l'événement encore plus marquant. Au-delà des acquis, quels sont les grands axes et les nouveautés de cette édition 2026 ?
FAMA : « Pour cette édition, le QITAA franchit un cap majeur en ouvrant ses portes aux élèves du secondaire (de la seconde à la terminale), grâce à un partenariat stratégique avec le ministère de l'Éducation nationale. Jusqu'ici réservé à l'enseignement supérieur, l'événement propose cette année un défi inédit : faire concourir ces lycéens aux côtés de leurs aînés étudiants. Après avoir vécu l'immersion avec beaucoup d'enthousiasme, ils sont prêts à entrer dans la compétition. Les deux autres grands temps forts de cette 7e édition seront la Foire de l'Éducation et de la Vie Scolaire (FEVS), qui sera un espace de rencontre et d'orientation crucial pour guider les jeunes dans leur avenir académique et professionnel, et bien évidemment le Panel de haut niveau, une tribune où autorités, professionnels sectoriels et acteurs des Industries Culturelles et Créatives (ICC) se réuniront pour coacher les étudiants et les aider à révéler leur plein potentiel. »
MORY : Après la réflexion, place à la célébration. L'année dernière, le public avait vibré avec les têtes d'affiche de la nouvelle vague ivoirienne. Tout le monde se demande aujourd'hui : quelle est la programmation artistique de cette année ?
FAMA : « Il faut d'abord préciser que le QITAA adopte un nouveau format. L'an dernier, tout se déroulait sur une seule journée. Cette année, nous avons choisi de scinder l'événement pour donner plus d'ampleur à chaque séquence : les panels et la compétition d'un côté, et le concert de l'autre, qui devient un événement à part entière. Pour cette édition, l'affiche est particulièrement prestigieuse. Nous attendons de grands noms comme Serges Beynaud, Defty, Dydy Yeman Yilim, aux côtés de talents en pleine ascension. Du Zouglou au Coupé-Décalé, tous les registres musicaux seront représentés. L'objectif est simple : proposer une programmation inclusive pour que chacun profite pleinement de cette grande fête le 30 mai 2026 au Palais de la Culture d'Abidjan. »
MORY : Quel message souhaitez-vous adresser aux autorités et aux institutions publiques pour qu'elles mesurent pleinement l'importance de ce que vous bâtissez pour les décideurs de demain ?
FAMA : « C'est avec une grande fierté que nous saluons l'engagement de l'État de Côte d'Ivoire en faveur de la jeunesse, sous le leadership de Son Excellence le Président Alassane Ouattara. Nous exprimons également notre profonde gratitude au ministre Mamadou Touré pour ses actions concrètes en faveur de l'éducation et de l'insertion des jeunes. En tant que leaders de jeunesse, nous sommes convaincus que la transmission de valeurs fortes à nos élèves et étudiants est essentielle. C'est le sens même de notre engagement à travers le projet QIITA. Pour pérenniser cette initiative et lui donner une envergure nationale, voire internationale, nous sollicitons l'accompagnement continu des autorités par un soutien institutionnel et logistique accru. Nous remercions chaleureusement le ministère de l'Éducation nationale et de l'Alphabétisation pour sa précieuse collaboration. C'est main dans la main que nous réussirons à faire grandir cet événement dans les années à venir. Merci. »
Copyright © Sitanews. Tous droits réservés Sitanews