Nous suivrons ce dossier jusqu’à son épilogue ! L’État guinéen dans son plan de riposte économique en cette période de Coronavirus, annonce la prise en charge partielle des pertes financières des entreprises du secteur du spectacle.

Mais quels sont les critères d’éligibilité à ce plan de riposte ? Quelles sont les dépenses et les périodes qui seront prises en compte ? Autant de questions qui font l’objet de susurre et de débat houleux dans le milieu du show-biz à Conakry. Du grincement de dents !

Sayon Bamba, Directrice générale de l’Agence Guinéenne de Spectacles a accepté de nous parler et tirer cette affaire au clair. Lisez cette première partie de notre interview.

Quelle est votre réaction, par rapport à ce programme d’aide de l’État aux organisateurs de spectacles vivants en cette période du Covid-19?

Je suis très contente de cette nouvelle. Les gens ne réalisent pas à quel point que c’est une sorte de victoire pour le secteur du spectacle, en tout cas, pour les artistes et les organisateurs d’événements en République de Guinée.

Il y’a beaucoup de secteurs qui sont touchés par cette pandémie, il y’ a beaucoup de difficultés. Même au niveau de l’État, il fait face à une grave situation. Parce que personne n’était préparée à tenir une telle pandémie. On ne pouvait pas savoir que ce genre de situation pouvait arriver dans ce monde d’aujourd’hui. C’est une situation difficile à gérer. Parce qu’elle demande la mobilisation de fonds, elle met les Hommes dans une situation de chômage technique.

L’État gagne de l’argent si les Hommes sont opérationnels. Or, plus de la moitié des activités de l’État est à l’arrêt. Donc, nous sommes très contents que malgré ce fait, l’État arrive à réagir et trouver au moins quelque chose pour les organisateurs de spectacles.

Aujourd’hui, les langues se délient concernant les critères d’éligibilité à cette aide. Quelle est votre approche ?

N’oublions pas que les pertes annoncées par les différentes entités ne sont qu’estimatives et que l’État se base sur ces estimations pour donner une part. C’est déjà beaucoup.

Ces estimations varient. On peut surestimer une activité comme on peut aussi la sous-estimer. En règle générale, moi je sais que souvent, nous surévaluons nos activités. Puisque, quand on organise un événement, on a un espoir d’atteindre un chiffre que peut-être, qu’on atteigne ou parfois le contraire.  Mais quelques producteurs arrivent à l’atteindre, mais très souvent, la nature et la vie des jours peuvent faire varier la donne. Mais nous, le plus important, est qu’il y’a eu une réponse favorable de la part de l’État et on est très content.

Et comment, procéderez-vous au partage de cette manne ? Quelle période qu’avez-vous prise en compte.  Expliquez-nous un peu.

Il faut savoir qu’on tient compte du premier trimestre impacté. Parce qu’on estime qu’à partir de trois mois de délai, on n’a pas encore engagé de frais pour un spectacle. Et donc, on a absolument le temps de l’annuler. D’ailleurs, dans nos registres, il n’y avait pas du tout de spectacles dans cet intervalle-là. Raison pour laquelle, c’est seulement des spectacles qui sont dans nos registres directement dans la période impactée. C’est-à-dire : mars, avril, mai qui sont pris en compte.

Et ceux qui ne sont pas en règle ? Je veux parler des structures qui n’ont ni licence, ni assurance et autres documents légaux leur autorisant d’organiser.

Ce n’est pas tout le monde qui avait son assurance à ce stade. Les spectacles qui étaient à 3 semaines ou à 1 mois avant l’exécution, n’avaient pas encore pris l’assurance. C’est pour cela, nous ne tenons pas compte de toutes les dépenses.

On parle également des dépenses estimatives dans cette affaire. Qu’est-ce que ça veut dire ?

Nous estimons la perte occasionnée que, eux, ils estimaient qu’ils auraient pu perdre ce montant. Nous, dans la logique de la chose, on tient compte des CONTRATS. Parce que même quand les artistes jouent dans les spectacles, nous savons qu’ils n’ont pas leurs cachets en totalité. Car, ce sont des avances qu’ont leur donnent. Et très souvent par rapport à ces avances de cachets, les contrats sont clairs. Et en cas de forces majeures, nous savons que l’argent peut être récupéré plus tard.

A part les contrats, y’a-t-il d’autres critères qui rentrent en ligne de compte ?

Oui bien sûr ! Par exemple : nous regardons l’étape de la publicité. Il y’ aussi quelques frais engagés dans la location des salles ou d’autres lieux de spectacles. Il y’a également des dépenses auprès de l’agence guinéenne de spectacles. Ce sont les montants qui sont réels et justifiables même s’il y’a aussi d’autres montants estimatifs. Nous le savons, c’est le global et la plupart des montants-là ne sont pas sortis. Car, on ne peut pas justifier tout le coût réel de la perte. Mais on doit être le plus juste possible et faire la part des choses, arrondir les angles pour ne frustrer personne et pour que tout le monde se sente secouru. C’est-à-dire, les plus grands aux plus petits.

Sachez qu’on n’a pas seulement tenu compte des « gros labels ». Nous avons tenu compte de tous les spectacles même les « plus petits » qui devaient se tenir au Belvédère et au Palais du Peuple. Ils ne sont pas des têtes d’affiche mais, nous les avons cité. Parce que ces structures sont en règle et elles avaient payé tous les frais pour la réalisation de leurs concerts. Voilà un peu comment nous, nous avons travaillé avant de déposer le dossier auprès de notre ministère de tutelle. Pour la procédure finale, le ministre donnera des instructions pour le bonheur de ces différentes productions.

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Propos recueillis par Ibrahima Soya (Sitanews, Conakry)

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