Quarante sept (47) ans après son éclosion, le hip hop a-t-il perdu sa vocation et sa courtoisie ? La question divise les mordus et même les néophytes du mouvement double H. Si, il y a 4 décennies, le hip-hop était flegmatique, doux – et moyen virulent avec ses égotrips et punchlines acérés, aujourd’hui, à l’ère du numérique, ce courant musical urbain prend une autre tournure et c’est instinctif et viscéral avec les nouvelles générations.

Décryptage : Sita CAMARA©


Nous sommes tombés sur une émission musicale d’Europe 1 qui a attiré notre curiosité. Le nom c’est Underground Connection présentée par Mouloud Achour en novembre 2021. Comme invités sur le plateau, il y avait Mc Solaar (rappeur) et Dee Nasty (disc-jockey et producteur français de hip-hop). Le sujet qui les réunissait était axé sur l’essence de la culture hip-hop. [Témoignages]

Selon Dee Nasty, « le hip hop est né en 1975. Le hip-hop est né d’un pacte entre gangs pour se dire : « Faut qu’on arrête de se tirer dessus. On va faire un truc qui va s’appeler le hip-hop. C’est-à-dire : hip (coolitude) et hop (espoir). MC qui venait d’un mouvement d’avant des fins 1960 qui s’appelait le « Non-stop », ce qui veut dire : le hip hop, c’est la suite du « non-stop ». C’est pour ça que la plupart des rappeurs disent « Non-stop hip-hop ». »

Pourquoi on parle beaucoup de rap et peu de hip-hop ? Interroge l’animateur (Mouloud Achour). Solaar répond : « Le hip-hop c’est un esprit, c’est ça, c’est un peu la paix. Et moi je me rappelle que peut-être grâce à Afrika Bambaataa [DJ américain, l’un des créateurs du mouvement hip-hop et le fondateur de la Zulu Nation, ndlr] il y avait les 4 mots simples : « peace », « love », « unity » & « having fun ». Et je l’ai vu dans le concret lors d’une grande soirée où les gens de toutes les banlieues sont arrivés. Il y a eu un petit incident. Ça allait chauffer et un DJ, qui avec des platines, a lancé en augmentant le volume un : « Peace », « Peace », « Peace ». Et du coup, les gens se sont quittés, ont quitté la bagarre, ont regardé le DJ. »

Est-ce qu’au moment où tu as commencé à prendre des platines pour jouer du rap et pour faire ce métier de DJ, tu aurais pensé qu’aujourd’hui le rap soit cette culture aussi importante qu’elle est aujourd’hui ? Demande l’animateur.

« Je l’ai envisagé et j’en ai rêvé, mais je n’ai jamais été sûr que cela arrive un jour. Déjà le premier combat, c’était que tout le monde rap en français. Ça c’était super important, parce que moi je fais partie de l’école où il était obligatoire de savoir rapper en anglais…. Il y a eu un jour où Destroy Man & Jhonygo étaient en clash avec Gangster Beat & Domy Rapper T c’était au Feed One, un dimanche après-midi. Et Destroy Man & Jhonygo sont arrivés avec le rap en français, le rap de rue. Rien de vulgaire, c’est ça qui était bien à l’époque, il n’y avait aucune vulgarité. On se l’interdisait. » Témoigne Dee Nasty

Tout comme aux États-Unis, le hip-hop était utilisé comme support constructif pour lutter contre la criminalité inter-quartier et proposer un outil accessible à tous afin de s’échapper au vice de la rue. Quatre (4) décennies après, peut-on dire que le hip hop a dérouté ?

Sitanews©

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