Elle fut, avant tout, la voix d’un peuple. Une voix claire, habitée, imbibée de douceur et de dignité. Maciré Sylla appartient à cette génération d’artistes qui ont porté haut la Guinée, non par éclats d’exubérance, mais par la constance d’un talent enraciné dans la vérité des traditions.
Auteure, compositrice et interprète, Maciré Sylla chante dans les dialectes guinéens (soussou, malinke…). Ces langues qui murmurent les émotions et conte les destins. Elle y ajoute parfois quelques mots de français dans ses textes comme un pont tendu vers le monde. Son art s’accorde avec les sons du terroir : balafon, kora, percussions, bolons, aux rythmes chauds. À l’heure des fusions électroniques, Maciré a choisi la voie du retour — celle de la source et de la mémoire.
Son premier album, Mariama (1996), fut un succès immédiat. Au moins, deux cent mille cassettes vendues en Guinée. Un record qui fit d’elle la « meilleure chanteuse guinéenne » de 1998. Ce succès, elle le transforma en un élan créatif rare : Maya Irafama, Sarefi, Massa, puis Talitha, cinq disques lumineux. Cinq chapitres d’une même histoire. Trois d’entre eux portent les noms de ses filles, comme pour dire que sa musique est aussi une affaire de filiation, un héritage intime et transmis.
Ses chansons — notamment Perenperen, que le monde découvrit dans la compilation Putumayo African Party — justifie la grâce d’une femme attentive à son temps. On y entend la tension entre la fidélité à la culture d’origine et le désir d’ouverture universelle.
Dans ses mélodies, l’Afrique respire du vent frais, danse ses rythmes et médite.
Aujourd’hui, Maciré Sylla demeure éloignée des scènes guinéennes, installée quelque part dans le monde. Mais ses disques, eux, circulent encore sur des plateformes de streming, portés par les vents du souvenir. Sa voix, ses classiques continuent de rappeler à l’humanité, que la Guinée chante toujours.
Chronique de Sita
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