Dans l’univers foisonnant de la musique ouest-africaine, deux artistes féminines incarnent aujourd’hui deux réalités diamétralement opposées. La première, DjelyKaba Bintou, est une star guinéenne adulée sur les réseaux sociaux, cumulant des millions de vues à chaque clip. La seconde, Mariaa Siga, est une voix sénégalaise discrète mais infatigable, qui sillonne les scènes du monde, des festivals européens aux résidences artistiques, sans jamais faire exploser les compteurs de vues. Deux parcours, deux visions de la réussite musicale.
■ DjelyKaba, la reine du digital
Avec près de 1,9 million d’abonnés Facebook et des vidéoclips cumulant parfois plus de 30 millions de vues, DjelyKaba Bintou s’est imposée comme une icône afro-pop incontournable. Mais derrière cette puissance numérique, un constat s’impose : la chanteuse peine à s’imposer dans les grands festivals internationaux. Ses apparitions scéniques restent souvent limitées à des concerts communautaires, loin des circuits institutionnels de la World Music.
■ Mariaa Siga, l’itinérante des festivals
À l’inverse, Mariaa Siga n’a pas les chiffres vertigineux de sa consœur guinéenne. Ses clips dépassent rarement les 300 000 vues. Pourtant, son carnet de tournée force le respect : plus de 30 dates par an, de Paris à Berlin, en passant par Bamako ou Genève. Son secret ? Une identité artistique authentique et une structuration professionnelle solide, qui parlent aux programmateurs européens et internationaux.
■ Tableau comparatif
■ Leçon pour la musique africaine
Cette confrontation illustre une vérité incontournable : les vues ne suffisent pas. Le succès numérique peut asseoir une notoriété nationale, mais seule une structuration professionnelle et un positionnement adapté permettent d’accéder aux grandes scènes mondiales. Mariaa Siga l’a compris, tandis que DjelyKaba Bintou doit encore transformer sa popularité en une carrière internationale pérenne. Convertir la viralité en longévité, et les clics en scènes : voilà le grand défi des artistes africains du XXIe siècle.
Par Moïse 1er,
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